Genève

21 janvier 2018 20:46; Act: 22.01.2018 15:24 Print

Jeunes migrants formés à créer leur petite entreprise

par David Ramseyer - Soutenus par la commune d'Anières et l'Hospice Général, des coaches vont aider des réfugiés à monter un projet professionnel concret.

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(Photo: Alison Mccauley)

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Une couverture chauffante pour SDF, un drone capable d'amener un kit d'urgence sur les lieux d'un accident avant même l'arrivée des secours. Ces idées ont été développées il y a quelques mois par les ados de deux gymnases lausannois, au sein du programme extrascolaire «We Start!» de l'association romande «sE-ra». Cette formation en entrepreneuriat de six mois va gagner le bout du lac et concernera pour la première fois des migrants. Une douzaine de pensionnaires du foyer d'Anières (GE), âgés de 15 à 20 ans et parlant français, en bénéficieront dès le 27 janvier. La commune et l'Hospice Général, qui gère les migrants à Genève, sont partenaires de l'opération.

«On ne va pas forcément en faire des chefs d'entreprise, prévient Alexis Moeckli, responsable de formation de "We Start!". Les populations migrantes ont peu de modèles, nous sommes là pour les aider à développer concrètement un projet et à s'intégrer au monde professionnel.» L'Hospice Général espère ainsi rendre plus autonomes les futurs participants aux ateliers, qui se tiendront notamment au centre d'accueil d'Anières. «Il faut donner à ces jeunes de la confiance et de la reconnaissance, souligne Sandra Dessimoz, co-responsable des centres pour migrants. Ils peuvent faire beaucoup. J'ai envie de leur dire: montrez-nous que vous êtes créatifs et éclatez-vous!»

Dans le monde réel

Menés par trois coaches professionnels et une dizaine d'intervenants extérieurs (entrepreneurs, experts, etc.), les ateliers commenceront par un brainstorming pour déterminer les projets concrets à mener. Les participants devront amener leurs propres idées. Ensuite, en équipe, ils apprendront à établir le profil d'éventuels clients, à monter un plan marketing et financier, à rechercher de futurs partenaires. Au programme aussi: des rencontres avec des responsables d'entreprises et des visites, au CERN notamment. «Nous les encadrons et leur faisons bénéficier de notre carnet d’adresses, remarque Alexis Moeckli. Mais nous ne faisons rien à leur place.»

La commune d'Anières financera le projet, devisé à quelques dizaines de milliers de francs. Son maire, le PLR Antoine Barde, plaide pour l'intégration des réfugiés et rappelle que la Suisse a toujours tiré une partie de sa force de l'apport des migrants. «Peut-être que ces jeunes à qui on tend la main créeront demain leur entreprise ici et engageront des dizaines de personnes, imagine le magistrat. Je veux croire à ça.»