Procès à Genève

08 mars 2011 16:13; Act: 08.03.2011 18:11 Print

Jugé pour avoir volé 16 kilos d'or chez Rolex

Le procès d'un ancien employé temporaire de Rolex, qui a volé en mai 2010 environ 16 kilos d'or à la manufacture horlogère, s'est tenu mardi devant le Tribunal correctionnel de Genève.

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Le préjudice dépasse les 500'000 francs. (Photo: Keystone)

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L'accusé, un Français de 24 ans, habitant Ambilly (F), a été condamné à 30 mois de prison, dont 21 mois avec sursis. Compte tenu des dix mois de détention préventive effectués par l'accusé, ce dernier est ressorti libre de l'audience. Les juges ont suivi la défense du prévenu. Son avocat François Canonica avait demandé une peine qui puisse permettre à son client de retrouver la liberté, soulignant qu'aucune violence n'avait été commise.

L'accusé travaillait au secteur fonte de Rolex, à Genève. «Je devais prélever des échantillons sur des barres d'or qui sortaient de coulée dans le but d'effectuer des contrôles de qualité», a expliqué le jeune homme aux juges. Le prévenu avait déjà exercé cette activité en 2008, avant d'être licencié à cause de la crise.

A peine réengagé au printemps 2010, l'accusé décide d'emporter avec lui un peu d'or. «J'ai mis le morceau dans la poche et je suis sorti avec en fin de journée», a déclaré ce Français habitant Ambilly (F). Il renouvelle l'opération les jours suivants et cache le métal précieux dans le compartiment moteur de sa voiture.


Arrêté à Zurich

L'agitation s'empare de l'entreprise quand est constaté la disparition de quantités anormales d'or. Le prévenu sent l'étau se resserrer sur lui et se fait porter malade. La police l'arrêtera à Zurich, alors qu'il s'apprêtait à prendre un avion pour Rome. Sur lui, on découvrira un peu plus de 34'000 euros.

L'or volé n'a pour l'instant pas été retrouvé. L'accusé a affirmé devant le tribunal l'avoir vendu à un receleur dont il s'est toujours refusé de révéler l'identité par peur des représailles. L'individu devait lui verser 100'000 euros, mais il n'aurait finalement touché que 40'000 euros.

Le procureur Marco Rossier avait requis une peine de 30 mois de prison, dont quinze mois avec sursis, estimant que l'accusé avait agi avec une absence de scrupule et n'avait pas collaboré à l'enquête. Le Tribunal correctionnel s'est finalement montré plus clément.

Le jeune homme a déclaré devant le tribunal regretter ses actes et a exprimé sa honte d'avoir trahi la confiance de son employeur. L'accusé, qui a avoué aimer les belles voitures et les objets de luxe, a également exercé, avant son arrestation, une activité d'escort boy et a fait du commerce illicite d'anabolisants.

(ats)