Scandinaves tuées au Maroc

19 septembre 2019 17:40; Act: 19.09.2019 17:41 Print

«Les juges semblent avoir envie de comprendre»

par Jérôme Faas - La femme et l'avocate de K., condamné à 20 ans en première instance, estiment que son procès en appel démarre sur de bonnes bases.

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K., en vert, photographié le 2 mai arrivant à son procès en première instance en compagnie d'autres prévenus. (Photo: Keystone/AP/Mosa'ab Elshamy)

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L'entourage de K., le Genevois condamné mi-juillet au Maroc à 20 ans de prison dans le cadre de l'assassinat de deux jeunes touristes scandinaves, est satisfait par les premiers interrogatoires menés en appel à Salé mercredi 18 septembre. En première instance, les juges avaient estimé que cet Hispano-Suisse avaient fourni une assistance aux tueurs, notamment en les entraînant au maniement des armes et en leur apprenant à utiliser la messagerie Telegram. K., lui, a toujours clamé son innocence. Ce jeudi, son épouse a expliqué que les juges d'appel semblaient plus enclins à écouter les explications des prévenus que lors du premier procès.

Trois des quatre principaux suspects, qui ont reconnu leur implication dans le double meurtre perpétré fin 2018, ont été entendus mercredi. Leur audition a duré cinq heures. «Ils ont clairement affirmé que les vingt autres prévenus n'avaient rien à voir avec le crime, qu'ils n'avaient été que quatre à planifier», rapporte la jeune femme, qui indique s'être longuement entretenue avec Me Saad Sahli, l'avocat marocain de K.

Les juges posent beaucoup de questions

Surtout, affirme-t-elle, «il a l'impression que cette fois, les juges ne comptent pas que sur les procès-verbaux de la police pour se faire une opinion. Ils semblent avoir envie de comprendre, posent beaucoup de questions et écoutent les réponses. La dernière fois, on avait le sentiment qu'ils avaient un plan déjà fait en tête.» L'avocate genevoise de K., Me Saskia Ditisheim, avait d'ailleurs toujours indiqué que le jeune homme contestait l'intégralité de ces procès-verbaux, réalisés sans avocat ni interprète, rédigés en arabe, une langue qu'il ne parle pas, et qu'il avait dû signer sans les avoir relus.

«Pas bénéfique de faire porter le chapeau à un Suisse»

«J’appelle de mes vœux que K. puisse bénéficier d’un procès équitable en appel qui ne pourra aboutir qu’à son acquittement compte tenu de la vacuité du jugement de première instance, déclare-t-elle ce jeudi. L’émir de la cellule terroriste a réitéré lors de son interrogatoire que mon client n’était pas au courant de leurs plans funestes et était innocent. De plus, on lui prête de grandes discussions avec certains des prévenus sur l’Etat islamique alors qu’ils n’ont pas de langue commune pour échanger. Je ne pense pas qu’il soit bénéfique pour les autorités marocaines de faire porter le chapeau à un ressortissant suisse comme l'a fait en début de procédure le chef du Bureau Central d'investigation judiciaire. Les juges en appel semblent en avoir pris conscience ce qui est de bon augure.»

La prochaine audience de ce procès en appel qui concerne vingt-quatre prévenus se déroulera mercredi 25 septembre. K. ne sera sans doute pas entendu à cette occasion. Il le sera plus probablement dans deux semaines, soit le mercredi 3 octobre.