Genève

09 janvier 2013 19:02; Act: 09.01.2013 20:24 Print

L'«Alterliste» qui met au pied du mur la gauche dure

par Jérôme Faas - L’idée d’une liste hors partis vient d’être lancée. Ce stimulant suffira-t-il à unir les formations traditionnelles?

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Julien Nicolet s'est notamment fait connaître en combattant le projet de déclassement des Cherpines. (Photo: dr)

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Gadin en 2005, bouillon en 2009. Depuis que la gauche de la gauche part divisée au combat, le Grand Conseil se refuse à elle. Et voilà qu’à l’aube du scrutin 2013 se profile une «Alterliste» potentiellement concurrente aux groupements, déjà nombreux, du courant.

Déplorant leur peine à s’allier, Julien Nicolet, militant patenté, a lancé lundi sur le web un appel à constituer une liste «par le bas». Le projet: «fédérer tout le monde à gauche hors PS et Verts» en partant des individus, encartés ou pas. Cet ex-socialiste évalue que ceux-ci ont plus de chances de s’entendre que les appareils, leurs ténors et leurs ego.

Critique des partis

L'enseignant propose que les personnes intéressées élaborent un programme concis, et jouissent de la liberté de vote et d’expression par ailleurs. «Les partis dépensent une énergie fabuleuse à arrêter des positions n’ayant pas grand-chose à voir avec leur ligne», expose-t-il. Et de citer par exemple l’enseignement du latin ou le magnésium sur les routes. Puis, dès qu’une position est arrêtée, aussi annexe soit-elle, «elle est défendue jusqu’au bout, jusqu’à la mauvaise foi».

Julien Nicolet dit avoir testé son idée auprès de son réseau. S'il parvient à réunir «ne serait-ce qu’un petit noyau de cinq ou six personnes pour discuter et faire le buzz», il juge utile de pousser plus avant l’aventure.

Le mouvement SolidaritéS circonspect

Sur le net, la proposition divise. Les uns saluent, d’autres redoutent une division de plus. A SolidaritéS, Pierre Vanek juge «très bonne» la question posée, soit celle du moyen de construire une liste unie à gauche. La réponse apportée, en revanche, lui déplaît. «On ne peut pas faire l’économie d’un accord des forces réelles du terrain, sauf à leur dire de disparaître.»

Grobet et Vanek en phase

Il estime néanmoins que «l’Alterliste est un aiguillon salutaire qui nous met sous pression pour nous unir.» La chose serait en bonne voie, dit-il. Christian Grobet, sécessionniste en 2009, confirme. L’issue ravirait Romain de Sainte-Marie, patron du PS. «Les Verts et nous avons absolument besoin d’un partenaire uni pour que la gauche redevienne majoritaire au parlement.»