Genève

12 novembre 2019 10:00; Act: 12.11.2019 10:00 Print

L'Entente n'est pas morte, mais reste sous perfusion

par David Ramseyer - Après leur revers cinglant à l’élection au Conseil des Etats, PLR et PDC calment le jeu face à ceux prêts à enterrer l'alliance des deux partis.

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Les deux candidats malheureux de l'Entente bourgeoise à l'élection au Conseil des Etats: le PLR Hugues Hiltpold (à gauche) et la PDC Béatrice Hirsch (à droite). (Photo: Keystone/Martial Trezzini)

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Le regard noir, un goût amer en bouche, la PDC Béatrice Hirsch n'a pas fait dans la langue de bois, au soir de sa défaite dans la course au Conseil des Etats, dimanche. L'alliance traditionnelle de son parti et du PLR avait sombré face au ticket Verts-PS. Alors, sur fond de tocsin qui sonne à droite, elle a jugé que «l'Entente avait vécu». Ce n'est pas l'avis du président démocrate-chrétien, Vincent Maitre. «Je comprends la réaction de notre candidate, lâchée publiquement par une minorité du PLR. Mais il est prématuré de vouloir tout faire voler en éclat.»

Même écho chez les cousins libéraux-radicaux, qui veulent s'offrir le temps de la réflexion. «Nous nous donnons deux semaines pour faire le point, lâche le président du PLR Bertrand Reich. On ne doit s'épargner aucune question sur les raisons de cet échec.» Selon lui, pas question de négliger les «fissures» qui menacent les fondations de l'Entente bourgeoise. De là à provoquer son effondrement, il y a une étape de chantier que Bertrand Reich n'entend pas franchir pour l'instant.

Une alliance élargie?

Aujourd'hui, chacun insiste sur les valeurs fondamentales qui unissent les deux formations de droite, confirmées par de nombreux votes communs ces dernières années dans le canton. Mais la tentation existe de part et d'autre d'étendre l'alliance «aux Vert'libéraux, par exemple, avance Vincent Maitre. Des assises, début 2020, nous permettront de consulter notre base.»

Et avec l'UDC, pour une droite élargie? Au coup par coup, sur des sujets bien précis, ce n'est pas impossible pour le PDC; mais pas plus. «Les extrêmes conduisent au blocage, se méfie le patron démocrate-chrétien. Nous recherchons l'équilibre au centre.» Côté PLR, «on n'exclut rien».

A l'épreuve des communes

Le prochain grand test pour éprouver les liens de l'Entente aura lieu ce printemps, avec les élections municipales. L'autonomie des sections incitera cependant à opérer selon les spécificités locales, au coup par coup, insistent les présidents des deux partis.

L'alliance bourgeoise continue «à avoir du sens, nos valeurs coïncident, plaide le candidat PLR à l'Exécutif de la Ville de Genève, Simon Brandt. Cela dit, il nous faut faire un travail d'introspection. Je pars seul au premier tour, on verra pour le second.» Elle aussi en lice pour la mairie de Genève, la PDC Marie Barbey-Chappuis appelle à un maintien du partenariat: «Il faut faire un 'reset', éviter de toujours dire que c'est la faute de l'autre et jouer en équipe».