Logement

14 février 2011 18:14; Act: 14.02.2011 18:19 Print

L’Etat rachète au rabais la maison de deux retraités

Forcé de vendre sa villa Grand-Lancy (GE) pour raisons de santé, un couple voit son bien dévalué par le Canton qui fait valoir son droit de préemption.

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Le couple espérait quitter sa maison dès ce mois. (Photo: tpi)

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Joan* et Michel* pensaient profiter tranquillement de leur retraite dans la maison qu’ils occupent depuis 25 ans au Grand-Lancy. La vie en a décidé autrement. Michel a vu sa santé se dégrader rapidement depuis deux ans et les nombreux escaliers de la bâtisse sont devenus un exercice que sa maladie dégénérative l’empêchera bientôt d’accomplir. Le couple a donc mis sa villa en vente l’été dernier et comptait utiliser la somme obtenue pour acquérir un nouveau logement. Un acheteur était prêt à débourser 1,35 million de francs, soit le prix estimé par trois agences immobilières.

La galère commence lorsque l’Etat lorgne la parcelle. Il fait ainsi valoir son droit de préemption. Mais le Département des constructions (DCTI) ne compte débourser qu’un million de francs, soit 300 000 fr. de moins que le tarif annoncé! «Le prix proposé par l’Etat ne correspond pas à la réalité du marché, alors que nous, nous devons trouver une autre maison au prix réel», lance Joan. «C’est un tarif défini selon des règles objectives et identiques pour tous, rétorque Pascal Chobaz, directeur des opérations financières du DCTI. L’Etat contrôle les prix pour construire du logement abordable.»

En décembre, le couple s’oppose à la proposition des autorités et leur demande de revoir leur copie. A ce jour, la requête est restée lettre morte. Conscient de la situation particulière des deux époux, Pascal Chobaz concède toutefois que le dossier pourrait être réexaminé.

*Prénoms d’emprunt

(tpi)