Genève

13 décembre 2019 09:10; Act: 13.12.2019 09:21 Print

L'annuité 2020 des fonctionnaires est sauvée

Le début budgétaire a débuté jeudi. Le Conseil d'Etat a été désavoué sur l'annuité. La gauche veut sauver la création de 412 postes.

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La gauche veut sauver les 412 postes que le Conseil d'Etat veut créer, et que la droite refuse. (Photo: Keystone/Martial Trezzini)

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A Genève, le Grand Conseil a entamé jeudi son marathon budgétaire. La majorité composée de l'Entente et du MCG fait bloc pour contrer plus de 200 amendements de la gauche et du Conseil d'Etat qui veulent sauver les postes supplémentaires biffés en commission.

Avant d'attaquer le débat sur le budget, les députés ont refusé, contre l'avis du Conseil d'Etat, par 73 voix contre 15 et 2 abstentions, de suspendre l'annuité des fonctionnaires. Maintenir cette annuité coûte 53 millions de francs. Bien qu'opposée à ce système, la droite estime que ces annuités sont dues. Pour Ensemble à Gauche, il faut arrêter de considérer l'annuité comme une variable d'ajustement budgétaire.

Le projet de budget discuté au Grand Conseil prévoit un déficit de 585 millions de francs pour des charges s'élevant à 9,13 milliards. En commission des finances, l'Entente et le MCG se sont mis d'accord pour biffer 412 postes supplémentaires prévus par le gouvernement et diminuer de 24 millions les dépenses générales.

Souffrance des employés

La situation financière du canton est inquiétante, a relevé la conseillère d'Etat Nathalie Fontanet. Mais l'Etat a peu de marge de manœuvre en raison des votes populaires (réforme de la CPEG, soit la caisse de pension des fonctionnaires, contre-projet pour les subsides d'assurance-maladie et réforme de l'imposition des entreprises) et du paiement de l'annuité 2016 et de ses rattrapages (238 millions) exigée par les juges fédéraux, a-t-elle souligné.

La cheffe du Département des finances craint que le Conseil d'Etat ne puisse plus faire fonctionner correctement l'Etat sans les postes supplémentaires. La PLR a évoqué la souffrance des employés dans certains services tout en demandant aux députés d'examiner «avec clairvoyance» tous les amendements.

«Logique de petits comptables»

Pour le PLR, ce projet est loin d'être un budget d'austérité. «Etant donné qu'on a fait d'autres choix notamment pour la CPEG, on ne peut plus continuer à engager», a déclaré le député PLR Cyril Aellen. Le MCG, aligné sur son allié PLR, tient le même discours: stop aux nouvelles dépenses. Très remontée, l'UDC s'en est prise à l'incapacité du gouvernement de mener des réformes structurelles.

A gauche, la socialiste Caroline Marti a déploré cette «logique de petits comptables dénués de vision politique» qui aura des conséquences dévastatrices pour les services publics et les prestations à la population. Les Verts ont déploré un véritable jeu de massacre. Selon Ensemble à Gauche, la droite, qui a accordé des cadeaux fiscaux aux plus riches, est responsable du déficit.

196 postes menacés à l'Instruction publique

La baisse linéaire de 24 millions dans les dépenses générales aura des effets concrets sur des projets en cours, a mis en garde Antonio Hodgers, chef du Département du territoire. Et de citer des radars anti-bruit qui ne ne pourront pas être mis en place.

Parmi les postes supplémentaires demandés mais biffés en commission figurent notamment 196 postes pour le Département de l'instruction publique (DIP), 31 pour la police de proximité, 26 pour l'internalisation de convoyage de détenus et 15 pour le Service de protection de l'adulte. En l'état, aucun n'a été remis dans le budget.

La cheffe du DIP Anne Emery-Torracinta a listé les conséquences de cette mesure: élèves déplacés, classes fermées ou encore enseignements abandonnés. Nathalie Fontanet a déjà annoncé qu'il faudrait venir avec des demandes de crédits complémentaires pour faire fonctionner des services ou assumer des obligations fédérales.
Les débats se poursuivent vendredi. Il semble très peu probable que le projet de budget soit modifié. Le vote final pourrait intervenir en fin de journée.

(ats)