Genève

25 janvier 2020 09:02; Act: 26.01.2020 20:10 Print

L'auteur d'un casse record a pris sept ans ferme

par David Ramseyer - Le braqueur d'une bijouterie, où il avait raflé un butin de plus de 21 millions de francs, a été jugé coupable de brigandage et de prise d'otage.

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Des policiers à la sortie de la bijouterie braquée le 3 février 2017, à la rue du Rhône. Le malfrat avait emporté un butin d'une valeur de plus de 21 millions de francs. (Photo: Georges Cabrera)

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L'homme n'a pas sourcillé à l'annonce du verdict, ce vendredi; mais il a très vite indiqué qu'il ferait appel de la sentence, la jugeant trop sévère. Quadragénaire multirécidiviste, S. est l’individu armé qui avait braqué une enseigne de luxe du centre-ville, le 3 février 2017, emportant pour 21,6 millions de francs de montres et de bijoux (voir encadré). Reconnu coupable de brigandage et de prise d'otage, notamment, le malfrat, de nationalité française, a écopé de 7 ans de prison ferme , dont seront déduits les quelque 3 ans déjà passés en détention préventive, et de 5 ans d'expulsion du territoire suisse.

Le Ministère public avait réclamé 8 ans d'incarcération. Mais si le brigandage est établi, le Tribunal correctionnel n'a pas retenu la circonstance aggravante de la dangerosité particulière. Son président, Yves Maurer-Cecchini, a ainsi relevé que lors du braquage, S. n'avait visé personne avec son pistolet, tenu en permanence le canon dirigé vers le sol. En outre, il a toujours gardé son sang-froid et «il n'a pas eu la velléité de s'en prendre aux employés de la bijouterie».

En revanche, le Tribunal a considéré que la qualification juridique de la prise d'otage était remplie, ce que la défense contestait. Pour les juges, il est «évident» que la responsable des ventes emmenée par le braqueur dans le sas de sécurité «n'était pas libre de sa volonté».

Enfin, S. a été acquitté de l'accusation de mise en danger de la vie d'autrui. Il n'a pas eu la volonté d'attenter à la vie de certains policiers lancés à sa poursuite, a souligné la justice.

Celle-ci a admis que le condamné avait tout de suite reconnu les faits, qu'il s'était excusé et qu'il n'avait «pas fait preuve de violence inutile». La tribunal a aussi pris en considération son passé difficile. Le président Yves Maurer-Cecchini a cependant relevé que S. «avait agi en professionnel déterminé, motivé par l’appât de l'argent facile. Il est doté d'une volonté criminelle intense et ses actes ont fortement traumatisé le personnel de la bijouterie».