Genève

18 septembre 2019 15:06; Act: 18.09.2019 15:36 Print

L'hôpital ouvre un espace pour toutes les religions

par Maria Pineiro - Une salle des hôpitaux universitaires a été aménagée afin de permettre à tout un chacun de se recueillir selon sa croyance ou sa spiritualité.

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A droite, l'alvéole israélite. Elle côtoie l'espace musulman. (Photo: Keystone/Salvatore di Nolfi)

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Chrétien, juif, musulman ou athée. Depuis mercredi, un espace est à disposition des patients et leurs proches, ainsi que des collaborateurs des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG) souhaitant se recueillir religieusement ou pas. La salle Opéra, notamment occupée par le Conseil d'administration de l'institution, a été aménagée de sorte à ce qu'y cohabitent quatre sous-espaces en forme de cercles, séparés par des rideaux. Grâce à des projections, chacun est symbolisé par une image spécifique: une calligraphie musulmane, des bougies pour le lieu israélite, une montagne avec une croix et un paysage de montagne dans la brume pour le cercle humaniste.

Afin que les visiteurs puissent se recueillir ou prier selon leur croyance, chaque alvéole propose des symboles et des objets de culte. Une salle pour les ablutions a été aménagée à côté de l'espace musulman. Néanmoins, il n'y a pas d'exclusivité: «Chacun est libre de se ressourcer où il l'entend, au-delà des symboles religieux», a déclaré Bertrand Levrat, directeur des HUG. Cet aménagement se veut laïc et multiconfessionnel, «ce n'est pas un lieu de culte, c'est une bulle de respiration», a précisé le directeur. Dia Khadam, aumônière musulmane, a indiqué que «la répartition et la proximité permettront à tous les usagers de se rencontrer et de faire connaissance».

Resserrer les liens

L'espace a été pensé en partenariat avec les six aumôneries présentes aux HUG. Il s'agit d'une première au niveau helvétique. Les différents acteurs du projet ont notamment pu s'appuyer sur une enquête menée auprès des patients afin de connaître leurs attentes. D'autres institutions ont été visitées afin de s'inspirer ou de ne pas reproduire des erreurs constatées a posteriori ailleurs. «Nous avons voulu prendre le temps de bien faire les choses», a précisé Jérémy Dunon, aumônier protestant. «La création de ce lieu a permis aux représentants des différentes religions de resserrer leurs liens», a souligné Bertrand Levrat.

Il aura fallu quatre ans et 400'000 francs de fonds privés pour aboutir à ce résultat qui, d'après Bertrand Levrat, respecte la loi sur la laïcité.