03 juin 2008 16:05; Act: 03.06.2008 16:10 Print

L'horizon s'éloigne pour la 3e voie Lausanne-Genève

La troisième voie CFF entre Lausanne et Genève attendra. Le Conseil des Etats s'est montré strict mardi dans le cadre de l'examen du développement du rail.

Une faute?

Faute de moyens, les options d'extension ont été recalées dans un paquet soumis à l'étude du Conseil fédéral, qui devra présenter un projet d'ici 2010. Le plénum abordera jeudi en détail les aspects financiers.

La nécessité d'investir dans le développement de l'infrastructure ferroviaire (ZEB) n'a pas été contestée mardi sous la Coupole. La question était bien plutôt de tenter de cibler les priorités.

Les projets de base, soit une série de mesures pour améliorer les cadences et étendre la stratégie des noeuds ferroviaires, n'ont pas posé problème. La discussion s'est focalisée sur les options d'extension, évaluées à trois milliards de francs. C'est à ce «ZEB2» qu'appartiennent la 3e voie CFF entre Lausanne et Genève, la ligne du pied du Jura ou l'introduction de la cadence semi-horaire de 30 minutes entre Berne et Viège en équipant la seconde galerie du tronçon Ferden-Mitholz du tunnel de base du Loetschberg.

Le plénum a dû trancher entre le compromis de la commission, qui demandait au gouvernement d'étudier les options d'extension et de présenter un projet d'ici 2010, et une minorité exigeant leur réalisation avec un calendrier.

Au nom de la commission, Peter Bieri (PDC/ZG) a invité à garder à l'esprit une vision d'ensemble plutôt que de plaider chacun pour sa région. On ne peut pas décider de projets ferroviaires dont le financement n'est pas garanti. Côté romand, l'idée de repousser les projets d'extension a suscité des critiques. Claude Hêche (PS/JU) a rappelé que les cantons de Suisse occidentale ont jugé inacceptable de les mettre en attente à cause des surcoûts du Gothard. Il a regretté qu'on «passe plus de temps à compter ses sous qu'à réaliser les objectifs politiques».

Géraldine Savary (PS/VD) a souligné l'urgence d'adapter le réseau ferroviaire. Les besoins sont immenses, par exemple dans l'Arc lémanique et sur la ligne du Pied du Jura, et ce n'est pas faire du régionalisme que de le constater. La proposition de la commission l'a finalement emporté par 28 voix contre 12.

Déception

Très déçu, Luc Recordon (Verts/VD) s'est montré sévère à l'égard du Conseil fédéral, stigmatisant son manque de stratégie. Le gouvernement a selon lui présenté «le calendrier de son imprévoyance». La commission, de son côté, a fait ce qu'elle a pu pour éviter une «sanglante guerre des régions».

La Chambre haute a par ailleurs adopté à l'unanimité une disposition précisant que les projets approuvés en votation populaire doivent avoir la priorité.

Jeudi (après-demain), le Conseil des Etats se penchera sur le détail du financement du développement de l'infrastructure ferroviaire. La commission préparatoire propose une enveloppe de 5,4 milliards de francs pour la réalisation du «ZEB1», qui inclut des améliorations pour le trafic marchandises.

Le Conseil fédéral met de son côté sur la table 5,2 milliards de francs. Le ministre des transports Moritz Leuenberger a relevé le flot de souhaits de diverses régions, mais il a invité à ne pas perdre de vue le problème du financement. Des pistes ont déjà été évoquées, comme une taxe CO2 sur le carburant ou des partenariats public-privé.

(ap)