Genève

25 février 2020 18:27; Act: 26.02.2020 06:11 Print

L'initiative pour un centre-ville piéton est lancée

par Lucie Fehlbaum - La gauche et les associations de défense de la mobilité douce ont lancé comme promis leur initiative pour exclure les voitures d'une partie du centre-ville, en réponse au projet de parking Clé-de-Rive.

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La zone voulue piétonne par les initiants est entourée d'une ligne noire. (Photo: DR)

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Déambuler du rond-point de Rive à la place Bel-Air et de l'Alhambra à la rue du Rhône, sans klaxon, sans gaz d'échappement et sans feu rouge. Voilà ce que propose la gauche en Ville de Genève, soutenue par les associations de défense de la mobilité douce. Mardi, elles ont lancé une initiative communale pour créer une zone piétonne au pied de la Vieille-Ville.

En proposant d'interdire aux voitures un large périmètre du centre-ville, les Verts veulent «marquer le coup» en opposition au parking Clé-de-Rive. Ce projet de parking souterrain, pour près de 900 voitures, libérerait de la place en surface pour y établir des zones piétonnes. «Nous voulons piétonniser sans creuser, répond Delphine Wuest, conseillère municipale verte. Les piétons et les vélos pourraient circuler sans risque, notamment le long de la rue de la Rôtisserie, de Rive à Bel-Air. Les voies cyclables seraient bien délimitées pour ne pas créer de collision avec les piétons.» Pour l'élue, entre le parking de Cluse, en face de l'hôpital, et celui de la gare CEVA des Eaux-Vives, plus de mille places ont été mises à disposition du public, sans compensation en surface. «Dans le périmètre que nous souhaitons piéton, un grand maximum de 200 places seraient supprimées. J'en ai compté 108 en tout, sans la rue d'Italie», précise Delphine Wuest.

Le piéton, «toujours en bout de chaîne»

«Les manifestations de jeunes se répètent, ils s'inquiètent pour le climat, rappelle le conseiller municipal socialiste Ulrich Jotterand. Attirer les voitures au centre-ville est un problème de santé publique.» Pour Ariane Arlotti, conseillère municipale du Parti du travail, il faut «rendre la ville aux habitants, qui veulent des zones piétonnes. Ceux de la Vieille-Ville le demandaient déjà en 1985. On a récemment voté un crédit de 20 millions pour des aménagements cyclables. Au final, le piéton est toujours en bout de chaîne. Au quai des Bergues, la fameuse "zone de rencontre" est surtout une zone de collision. Les voitures y ont détruit les bancs.»

Venue au nom de l'Association transport et environnement, la députée socialiste Caroline Marti a souligné l'importance de la marche, pas uniquement pour les petits déplacements mais aussi pour se rendre d'un quartier à l'autre. «Il est donc important de tracer des itinéraires sécurisés et agréables.»

Artères pas concernées

La zone piétonne réclamée par l'initiative n'englobe pas d'artères dites primaires et secondaires, que la commune n'aurait pas le droit de toucher. L'Etat sera tout de même sollicité pour régler la cohabitation entre les piétons et les transports publics. Les initiants ont quatre mois pour récolter 3200 signatures.