Genève

25 juin 2019 10:40; Act: 25.06.2019 16:56 Print

La Gay Pride revient pour «écrire l'histoire»

par Lucie Fehlbaum - L'événement militant se transforme en festival d'activités et souhaite, pour 2019, s'éloigner de l'image «carnavalesque».

storybild

Cette photographie de David Wagnières fera partie de l'exposition organisée par la Ville de Genève durant la semaine de Pride. (Photo: David Wagnières/Ville de Genève)

Sur ce sujet
Une faute?

L'édition 2019 sera pour la Gay Pride l'année des premières fois. De retour à Genève après huit ans et renommée «Semaine de la pride», elle est désormais déclinée sur dix jours, du 29 juin au 7 juillet, et non plus en un simple défilé. Un manifeste, écrit par l'association Geneva Pride - Marche des fiertés 2019, accompagnera la semaine d'événements. Ce texte sans précédent, publié en français et en anglais, compile les revendications principales des personnes LGBTIQ+ (ndlr: aussi abrégé LGBT+ pour lesbiennes, gays, bi et trans. Le I signifie intersexe et le Q, queer. Le signe + inclut d'autres orientations sexuelles ou de genre) en Suisse. Un partenariat inédit avec la France a également été conclu et Annemasse accueillera la nuit du dépistage.

La Marche des fiertés 2019 porte ainsi bien son nom, «make history» soit «écrire l'histoire», en proposant une formule nouvelle et éloignée du traditionnel défilé tout en paillettes. Petit tour d'horizon du programme de l'été:

Un village

La Pride aura son village, installé rue Lissignol. «Ce sera un lieu pour éclairer la population, indique Ferdinando Miranda, coordinateur de la manifestation, qui s'exprime au nom de l'association Geneva Pride. Des conférences permettront de faire comprendre pourquoi on a encore besoin d'un tel événement, en 2019. Une thématique phare sera aussi la jeunesse, car être LGBTIQ+ en Suisse aujourd'hui ne va surtout pas de soi.»

Du cinéma

La Pride s'associe au festival de films LGBT Everybody's perfect pour projeter des films au Spoutnik et au Village de la Pride. Des cocktails accompagneront chaque séance, avec au menu des soirées Sex on the beach, Manhattan et Bora-Bora.

De la musique

«La musique se déclinera au féminin, en clin d’œil à l'actualité et au grand succès de la grève des femmes», se félicite Ferdinando Miranda. Le public trouvera son bonheur parmi plusieurs concerts et DJ sets.

Des expositions

La ville de Genève prête le parc des Bastions pour une exposition photo. «Au Village, on retrouvera l'installation «Chez Brigitte», financée par la Ville, du nom du squat à l'origine de la première Pride à Genève, explique Ferdinando Miranda. Nous sommes reconnaissants de tout combat qui a été mené dans le passé sur ces questions.»

Des performances

Les corps seront au centre des performances proposées par divers artistes. De jeunes talents genevois seront mis à l'honneur pour parler, notamment, des transitions de genre.

Du partage

«La Law Clinic de l'Université de Genève proposera des formations pour les juristes afin de sensibiliser à la problématique, informe le coordinateur de l'événement. L'antenne LGBT+ de l'Église protestante célébrera un office en lien au lendemain de la Pride, au temple de Plainpalais.» Le dépistage aura sa nuit consacrée à Annemasse et un bus spécial sera présent au Village.

De la fête

«Chaque soir aura sa fête. Elle peut aussi être politique, l'art est un moyen de revendication. Nous attendons des artistes issus du tissu local et international, se réjouit Ferdinando Miranda et toute l'association Geneva Pride 2019. Un thé dansant historique clôturera cette semaine intense.» La dernière journée sera aussi l'occasion d'une marche. Mais la manifestation prouvera sûrement, une fois pour toute, que la Pride n'est pas un carnaval.


Le programme complet sur www.genevapride.ch