Genève

25 mars 2019 20:23; Act: 25.03.2019 20:25 Print

La Ville veut augmenter la capacité de l'Alhambra

Les autorités souhaitent augmenter la jauge de la salle à 1100 places au lieu des 750 actuelles. Celles-ci ne permettent pas aux exploitants de rentabiliser certains concerts.

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Construite il y a près d'un siècle, la mythique salle de spectacles avait été rouverte en 2015, après trois ans de rénovation. (Photo: Keystone/Martial Trezzini)

Une faute?

L'Alhambra, une salle qui «n’est pas exploitée au mieux de son potentiel». C’est ce que veut corriger le Conseil administratif de la Ville de Genève. Il devrait présenter mardi au conseil municipal une proposition pour modifier le règlement du célèbre lieu de concert du centre-ville, en vue d’augmenter sa capacité d'accueil. Concrètement, il s’agirait de ne plus limiter à 750 places, mais à 1100 la jauge maximale des lieux.

En effet, la limitation de l’affluence maximale, ainsi que l’interdiction de consommer des boissons dans la salle, ont conduit plusieurs utilisateurs de la salle, comme les festivals d’Antigel ou de La Bâtie, ou les associations PTR, A night in ou l'ASMV, à renoncer à produire des artistes de renom à l’Alhambra «car ils ne peuvent pas atteindre un seuil d’équilibre financier ou alors ils le font mais en consentant une perte», est-il relevé dans le texte du Conseil administratif.

Un besoin «bien réel»

«Pour les festivals et organisateurs de concerts, le besoin est bien réel à Genève d'une salle de plus de 1'000 places pour les musiques actuelles, relève Félicien Mazzola, porte-parole du Département de la Culture de la Ville. De plus, lorsque les concerts sont debout, il y a une sensation de vide.»

Techniquement, les lieux sont adaptés pour ce nombre, mais un compromis avec notamment le voisinage avant la rénovation de la salle, en 2010, avait conduit à limiter la capacité d’accueil, pour réduire les nuisances des concerts. Un test concluant avec la nouvelle jauge a été mené par les Services techniques de la Ville lors du concert de Sophie Hunger, le 1er février dans le cadre d’Antigel.

Sorties des gens

Présidente de l'Association des habitants du centre et de la Veille-Ville, Madeleine Gurny indique n'avoir a priori rien contre l'augmentation de la jauge, mais regrette de ne pas avoir eu, pour l'instant, de retour du ou de tests: «Nos soucis tournent autour du bruit, non pas celui induit par la musique, qui est bien régulé, mais plutôt celui induit par les sorties des gens, précise-t-elle. On aimerait au moins qu'on nous fasse un retour par courrier.»

En cas d’acceptation de cette modification du règlement lié à l'Alhambra, il faudra réorganiser l’accueil du public et répartir les 1100 personnes, lors d’occupation maximale des lieux, sur trois foyers, dont le café-restaurant, au lieu de deux actuellement.

(leo)