Etat de Genève

16 avril 2019 07:54; Act: 16.04.2019 09:39 Print

Caisse de pensions: la votation à 5 milliards

La Caisse de prévoyance de l'Etat de Genève jouera son avenir en votation le 19 mai prochain.

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L'avenir de la caisse de pensions de l'Etat suspendu à une votation.

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Sous-capitalisée, la Caisse de pensions de l'Etat (CPEG) doit être assainie pour répondre aux contraintes légales fédérales. Les Genevois ont le choix entre deux solutions antagonistes.

L'un des projets de recapitalisation a été élaboré par le Conseil d'Etat. Il est soutenu par les partis de droite. L'autre projet est porté par la gauche et le Mouvement citoyens genevois (MCG). Les deux textes, pourtant opposés, ont trouvé des majorités au Parlement. Ils ont ensuite été, chacun, attaqués par referendum.

Les électeurs pourront exprimer leur préférence en répondant à une question subsidiaire. Cette nouveauté a été introduite en urgence par le gouvernement dans la législation, car la situation qui voyait deux lois contradictoires sur le même objet soumises au peuple lors d'un même scrutin était totalement inédite à Genève.

L'enjeu financier s'élève à quelque 5 milliards de francs. L'objectif est de renflouer la CPEG pour qu'en 2052, son taux de couverture atteigne 80%, comme l'exige Berne. Les deux solutions proposent une recapitalisation immédiate de la caisse à hauteur de 75%. Elles s'écartent pourtant sur de nombreux points essentiels.

La principale différence est d'ordre structurel. Le projet du gouvernement veut passer à un système de primauté des cotisations, estimant que seule une telle réforme mènera à un assainissement pérenne de la caisse. La loi de la gauche, de son côté, maintient la primauté des prestations en vigueur aujourd'hui au sein de la CPEG.

Cotisations

La solution défendue par le Conseil d'Etat modifie également la répartition des cotisations entre l'employeur et l'employé, ce que ne propose pas le projet de la gauche.

Aujourd'hui, les deux tiers de la cotisation sont à la charge de l'Etat. Le gouvernement aimerait diminuer cette part à 58%.

Sur le plan du financement, les deux solutions divergent également. Le gouvernement a choisi une injection immédiate de 500 millions de francs et un prêt simultané de 4,1 milliards de francs entre l'Etat et la CPEG, remboursable sur la durée, échelonnant ainsi dans le temps l'effort financier fourni par la collectivité publique.

Le projet de la gauche envisage également le recours à un prêt simultané. Mais il prévoit aussi d'assurer le paiement des rentes grâce à des revenus tirés de logements futurs. L'Etat céderait à la CPEG des terrains constructibles lui appartenant afin que la caisse y réalise des appartements locatifs.

Pour la gauche, sa solution vise à préserver les prestations de la caisse. Un argument que conteste le Conseil d'Etat, qui rappelle que les règles en matière de LPP sont fixées par la Confédération. Si la caisse se retrouve dans une situation délicate et que l'Etat refuse d'intervenir, elle sera obligée de couper dans les prestations.

Le drame du double non

Pour le comité de la CPEG, il est indispensable qu'une des deux lois soit acceptée le 19 mai afin d'éviter le pire. Un double non conduirait à une baisse des rentes d'environ 10% en janvier 2020. La caisse pourrait aussi perdre son autorisation de fonctionner en capitalisation partielle, ce qui actionnerait la garantie de l'Etat.

(nxp/ats)

Les commentaires les plus populaires

  • Didier le 16.04.2019 08:54 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    2x non

    Un double NON s'impose. Pourquoi devrait-on payer les retraites faramineuses des fonctionnaires ? Eux ne cotisent pas à la mienne lorsque ma caisse est sous capitalisée. Ils doivent vivre avec ce qu'ils cotisent.

  • Jean Saurien le 16.04.2019 08:51 Report dénoncer ce commentaire

    Moi pas comprendre

    Au final, peu importe la solution, ce seront mes impôts qui augmenteront ???

  • Adrien de Genève le 16.04.2019 08:57 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Et quoi encore?

    Honteux! 5 milliards seulement! Trop facile... Je voterai non.

Les derniers commentaires

  • Du-te în pula mea le 18.04.2019 22:37 Report dénoncer ce commentaire

    Et encore du fric pour les nantis.

    Comme pour "No Billag" (et on a vu le résultat), on constate que les nantis continuent de vouloir nous entuber. Mesdames et messieurs les fonctionnaires, payez pour votre caisse de retraite et ne demandez pas à la population du secteur privé de payer pour vous. 2 x NON.

  • Mannix le 18.04.2019 21:24 Report dénoncer ce commentaire

    Relatif!

    La somme affichée ainsi paraît importante, mais elle est distillée sur le long terme. En comparaison, les entreprises suisses ont versés aux actionnaires 40 milliards en 2018. Le pire cest quun grand nombre entre eux ne paient même pas dimpôt en Suisse.

    • Scolopendre étatique le 18.04.2019 23:25 Report dénoncer ce commentaire

      @Mannix

      Comparaison n'est pas raison. Je me fiche des actionnaires, je ne touche pas un franc de leurs bénéfices par contre, je suis suffisamment fauché pour ne pas payer votre retraite. Vous ne manquez pas de culot. Je vois que vous êtes un grand nombre de fonctionnaires qui prêchez la bonne parole pour que la populace dont je fais partie, sorte de l'argent pour vous. Et bien pour moi, c'est NON. Débrouillez-vous sans quémander et obliger les citoyens de débourser des sous. Vous n'avez jamais contribué pour ma caisse de retraite et celles d'autres personnes, pourquoi le ferions-nous pour vous ?

    • Gargamel le 19.04.2019 11:05 Report dénoncer ce commentaire

      @Scolopendre

      @Scolopendre. Si la comparaison est est édifiante même, les chantres de lultra-libéralisme se remplissent les poches au détriment des travailleurs, et grâce à la courte vue des votants.

  • STGenève le 18.04.2019 17:31 Report dénoncer ce commentaire

    Enfumage, suite

    La CPEG, peut-être suite à mon commentaire d'avant hier, a enfin publié les résultats trimestriels sur son site: taux de couverture au 31.03.2019: 60,7%. Le cadre légal pour 2020 est respecté, aucune mesure n'est nécessaire, sauf s'il y a une volonté dogmatique libérale de réduire les prestations sociale de toute la population. L'an passé c'était la police, cette année la fonction publique, sans oublier les prestations complémentaire au niveau fédéral. Et l'an prochain, c'est le tour de qui? Les auteurs de commentaires haineux envers les fonctionnaires devraient peut-être y penser...

    • Jesus Rection le 18.04.2019 21:35 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @STGenève

      Après avoir déjà fait passer les contribuables genevois à la casserole en 2013, la caisse des fonctionnaires est très loin aujourd'hui du nouveau taux de 80% de couverture minimum. Il n'y a plus aucun choix! Ce sont les fonctionnaires, et eux seuls, qui doivent aujourd'hui passer à la casserole!

  • electeurGE le 17.04.2019 12:44 Report dénoncer ce commentaire

    Non et Oui

    Il faut voter NON à cette loi et voter OUI au projet de la gauche. Y en a marre de voir des Conseillers d'Etat avoir des rentes de ministre mais qu'ils pénalisent les plus faibles de l'Etat.

    • Noli le 17.04.2019 14:25 Report dénoncer ce commentaire

      oui....

      Et la marmotte met le con.tribuable dans le papier alu?

  • lulu le 17.04.2019 10:49 Report dénoncer ce commentaire

    du vol

    Nous avons beaucoup perdu de notre rente, je parle pour les anciens. Lors de la fusions de la CEH - CIA qui est devenu CPEG. Tout ce que nous avons cotiser en plus par rapport à la CIA avons tout perdu. mais je comprend la réaction des personnes qui sont dans le privé. Mais d'avoir cotisé presque 40 ans et de se retrouvé avec une rente qui ne va ressembler à rien. je suis très en colère.