Etude

02 octobre 2011 22:59; Act: 02.10.2011 23:20 Print

La cocaïne ralentit le cerveau du foetus

Des chercheurs genevois ont constaté que des souriceaux exposés à la cocaïne in vitro voient leur système neuronale atteint. Des résultats probablement transposables à l'homme.

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Une femme sur cinq prend des substances telles que l'alcool, la cigarette ou la cocaïne pendant la grossesse. Avec cette étude soutenue par le FNS, le Pr Christian Lüscher, du Département de neurosciences fondamentales de l'Université de Genève (UNIGE), a voulu étudier le développement des souriceaux lorsque leur génitrice est exposée à des drogues durant la gestation.

Les chercheurs ont utilisé la cocaïne, sachant qu'elle traverse le placenta et cible directement le cerveau du foetus. L'objectif était d'observer, dans le cerveau du souriceau, ce qui se passait précisément au niveau des cellules produisant la dopamine, un neuromédiateur libéré en présence d'un signal associé à une récompense.

Action in utero, effets in vivo

Les scientifiques ont observé qu'une telle exposition produisait des effets bien après la naissance. Elle ralentit considérablement la maturation du système de transmission neuronale du descendant. Un fait jugé «probablement transposable aux êtres humains», selon ces travaux publiés dimanche dans l'édition en ligne de «Nature Neuroscience».

«A la naissance, chez le mammifère, le système de transmission de la majorité des synapses n'est pas encore arrivé à maturité. Or le processus de maturation, qui a lieu pendant les premières semaines de la vie postnatale, est crucial pour le développement de l'enfant», explique le Pr Lüscher, cité dans un communiqué de l'UNIGE.

(ats)