Gay Pride

06 juillet 2019 18:25; Act: 07.07.2019 07:14 Print

«A Genève, je ne sens aucune haine»

Le défilé, qui a rassemblé environ 35'000 personnes, a reçu le soutien inconditionnel des autorités genevoises.

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L’émotion et la joie se dégagent du cortège. «C’est trop beau, je suis choqué, sourit Luc. Du haut de ses 17 ans, il participe à sa première marche des fiertés. La vie devrait être comme ça tout le temps, pas pour la fête mais pour la tolérance.»

Le jeune homme est venu avec quelques amies et compte profiter d’un concert aux Bastions. «Mais pas trop tard, en vrai je dois rentrer à 23h.»

A quelques pas, Julien détonne avec sa tenue chatoyante. «Je viens de France, et c’est dans ma vie de tous les jours que je suis déguisé, tempête le quadra. Chez nous les mentalités sont encore trop figées, malgré les lois (ndlr: le mariage homosexuel a été autorisé en 2013 en France). Quand je viens à Genève, dans une soirée Gay par exemple, je ne sens aucune haine. »

35'000 personnes

En serpentant le long du cortège, on entend aussi beaucoup d’anglais. Dont un mémorable slogan lancé à la volée par un manifestant, que l’on pourrait traduire par: «Je suis physicien, mais c’est vraiment ce que je fais au lit qui t’intéresse?»

Plus loin, Soraya, drapeau arc-en-ciel fièrement brandi, donne de la voix. «On ne peut pas le répéter assez, mais la marche n’est pas une fête, c’est un besoin, tant qu’on vivra des discriminations on organisera des événements pour montrer au monde qu’on existe!», s’émeut la manifestante. «Bon c’est aussi une occasion de danser sur les vieux tubes en pleine rue », glisse une autre participante, qui était déjà là «il y a un siècle, à la première pride genevoise. Ça me touche de voir tous ces gamins aujourd’hui, c’est ça la beauté de la cause et le progrès est concret. Les jeunes sont impressionnants de courage.»

Genève avait pris les couleurs de l'arc-en-ciel, samedi. Selon la police, la marche des fiertés a rassemblé environ 35'000 personnes. Elles manifestaient pour la fin des discriminations liées à l'orientation sexuelle et les mêmes droits pour tous.

«Nous étions 40’000 à revendiquer l’égalité dans les faits et en droit. Une Pride historique, qui suit une semaine d’événements pleine de succès, s'est, pour sa part, réjoui Fernando Miranda, qui s’exprime au nom de l’organisation Geneva Pride 2019. Nous espérons avoir contribué à la construction d’une société plus juste et plus inclusive.»

Cette «pride» de la Suisse latine avait fait escale la dernière fois au bout du lac en 2011. Elle est organisée chaque année dans un canton différent. Samedi, les organisateurs ont été soulagés de voir les risques d'averse s'éloigner et le ciel se dégager avant le départ de la marche.

Fantaisie de mise

Le défilé a reçu le soutien inconditionnel des autorités. La maire de la Ville de Genève, Sandrine Salerno, a adressé un hommage à ces hommes et ces femmes qui, depuis 50 ans, se battent pour l'égalité des droits avec courage. Des combats, il y en aura encore, «mais nous nous y engagerons avec la certitude de les gagner».

Pour cette marche, la fantaisie était de mise. «Drags queens» juchées sur des talons vertigineux, hommes en cuir, bas résille, personnes portant des masques de chien, chacun profitait de cette journée pour affirmer sa personnalité profonde sans honte, aux yeux de tous.

Plusieurs chars diffusaient de la musique, invitant les marcheurs à danser. Des tambours battaient le rythme de ce joyeux carnaval. La Ville de Genève s'est également mise au diapason. Elle avait hissé des drapeaux arc-en-ciel partout où elle le pouvait et notamment le long du pont du Mont-Blanc.

(nxp/lfe/ats)