Genève

15 mai 2018 15:12; Act: 15.05.2018 15:13 Print

La loi sur la laïcité combattue quatre fois

Quatre référendums ont été lancés contre la nouvelle législation, votée par le Grand Conseil genevois en avril.

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Les référendaires, de gauche à droite:Sabine Tiguemounine, Jocelyne Haller, Pierre Vanek et Ines El-Shikh. (Photo: solidarités)

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Une loi «contraire aux droits fondamentaux», «discriminatoire» et «indigne de la Genève internationale»: c'est ce que veulent combattre quatre comités issus de la gauche et des associations, qui se sont unis contre la loi sur la laïcité de l'Etat (LLE). Ils ont présenté ce mardi quatre référendums «convergents dont les signatures s'additionnent». Ceux-ci s'attaquent, chacun, à l'un des aspects du texte voté par le Grand Conseil, le 26 avril.

Pour le comité laïcité démocratique, l'Etat ne doit pas intervenir dans les affaires religieuses, que ce soit pour approuver ou contrer une opinion ou une pratique: «Il ne doit pas y avoir de régime particulier pour des groupes ou personnes se considérant comme religieux».

De son côté, le comité féministe dénonce une loi qui discrimine les femmes, en particulier les musulmanes: «Elle prive les femmes portant un voile d'une partie de leurs droits politiques et les exclut de l'accès au travail dans le secteur public, donnant un exemple désastreux pour l'ensemble de l'économie», indique le comité.

«Police des consciences»

Le troisième référendum fustige, lui, un texte contraire aux droits humains et à l'esprit de Genève: «La LLE définit la laïcité non plus en liberté de religion pour chacun, mais en police des consciences, relève le référendum. La neutralité de l'Etat n'est pas l'effacement des expressions ou manifestations religieuses mais la conciliation des divers intérêts.»

Enfin, le comité syndical fustige une loi «qui privilégie l'apparence plutôt que la prestation délivrée» et dénonce une attaque contre les droits des salariés de l'Etat et des diverses entités publiques (HUG, SIG, TPG, aéroport, etc.): «En leur interdisant tout signe religieux, la LLE risque d'entraîner des dizaines de licenciements», déplore le référendum. De plus, cette loi pourrait conduire à un «fichage» de la religion des fonctionnaires, craignent les référendaires. Ceux-ci ont jusqu'au 20 juin pour réunir 6500 signatures.

(leo)