Justice genevoise

08 février 2011 10:21; Act: 08.02.2011 10:52 Print

La noyade n'était peut-être pas accidentelle

Une femme de 30 ans est morte dans le lac l'été dernier. Un ressortissant français est poursuivi pour omission de prêter secours.

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L'accident a eu lieu au port Wilson, en face de l'Hôtel du même nom.

Une faute?

Cette mère d'un enfant de 4 ans s’est noyée le 25 juillet 2010 dans le lac, au port Wilson, juste en face de l'Hôtel Président. Les premiers éléments de l’enquête faisaient penser à un accident: réanimée, la Française, âgée de 30 ans, est décédée quelques jours plus tard. Mais peut-être aurait-elle pû être sauvée. Selon la «Tribune de Genève», le procureur Raphaël Martin a inculpé l’homme qui accompagnait la victime d’omission de prêter secours.

La noyée, qui avait passablement bu le soir du drame, a perdu connaissance vers 20 heures, à environ un mètre du rivage. Elle serait restée une dizaine de minutes sous l’eau à moins de deux mètres de profondeur. A en croire les soupçons de la justice genevoise, l’inculpé aurait pu la sauver. De son côté, le prévenu soutient avoir conseillé à la victime de ne pas se baigner. De plus, il ne saurait pas bien nager, souffrirait d’un problème à la hanche et aurait tenté de lui tendre la main depuis la berge.

Domicilié en France voisine, l'homme a appelé les secours. Ambulanciers, pompiers et policiers du lac sont intervenus sur les lieux. Mais ils ont mis du temps à retrouver le corps de la victime, une femme de couleur. L’eau était sombre et troublée par le vent. La noyée a été réanimée sur place, mais les lésions au cerveau étaient trop graves. Elle a succombé à ses blessures à l’hôpital

Les deux protagonistes de ce drame se connaissaient depuis un jour. Cette soirée-là, la victime, qui souffrait de problèmes d’alcoolisme, a bu plusieurs bouteilles de bière, alors même qu’elle venait de sortir d’un établissement médical contre les dépendances. L’enquête devra déterminer si l'inculpé était au courant de ces faits. Le juge va entendre prochainement les médecins français qui ont encadré la victime pour son problème d’alcool. Un autre mystère subsiste: une troisième personne était présente sur place lors de la baignade. Mais les enquêteurs n’ont toujours pas pu l’identifier.

(ila)