Genève

17 octobre 2016 22:15; Act: 18.10.2016 00:39 Print

La police décide d'oublier les langues étrangères

par Jérôme Faas - Les syndicats policiers, réunis en assemblée générale ce lundi soir, luttent toujours contre la nouvelle directive régissant leurs horaires.

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Les syndicats de la police veulent que le retrait de la directive querellée. (Photo: Keystone/Salvatore di Nolfi)

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Les policiers genevois poursuivent leur fronde contre leur direction. Les syndicats de la gendarmerie (UPCP) et de la police judiciaire (SPJ), réunis lors d'une assemblée générale commune de lundi soir, ont décidé trois mesures supplémentaires pour combattre la directive réglant leurs horaires.

Dorénavant, les gendarmes ne répondront plus au téléphone hors de leurs heures de travail ou de piquet. Ils reprennent ainsi à leur compte une mesure déjà appliquée par les inspecteurs de la police judiciaire.

Par ailleurs, les agents n'utiliseront plus les langues étrangères. «Nous aurons recours à un traducteur, ou les gens attendront», explique Daniel Weissenberg, vice-président du SPJ.

Enfin, «nous arrêterons le monitorat. Tous les jours, des dizaines de policiers forment des collègues au tir et aux arts martiaux. C'est fini. Libre à Monsieur Maudet d'organiser cela via une entreprise privée.»

Ces mesures, votées par 320 policiers, prendront effet lundi prochain. «On donne encore un peu de temps au conseiller d'Etat pour qu'il retire la directive et négocie.» Daniel Weissenberg précise par ailleurs qu'en cas de non-satisfaction, «le prochain train de mesures concernera les milieux aéroportuaire et diplomatique».

«On ne travaillera plus gratuitement»

Le 29 septembre, l'UPCP avait déjà décidé de boycotter les journées de formation continue romande. Le 4 octobre, le SPJ avait pris la même mesure, en durcissant le ton: les inspecteurs avaient décidé de faire la grève de la cravate lors de leurs missions de protection des délégations étrangères. Surtout, ils avaient choisi de ne plus répondre au téléphone hors de leurs périodes de travail ou de piquet. «On ne travaillera plus gratuitement, et on souhaite bon courage à Monsieur Maudet s'il arrive quelque chose pendant ce temps», expliquait alors Daniel Weissenberg, vice-président du SPJ.

Les agents contestent une directive entrée en vigueur samedi, à l'essai, durant un an. Le texte en question, validé par le conseiller d'Etat Pierre Maudet, permet à l'employeur de rappeler au travail des policiers en congé, 72 heures à l'avance, sans majoration des heures effectuées de la sorte. Les syndicats jugent qu'il s'agit de travail à l'appel. Le Département de la sécurité et de l'économie estime qu'ils doivent régler cette question avec l'état-major de la police. Il n'entend donc pas négocier avec eux.