Soupçons de fraude électorale (GE)

10 mai 2019 21:45; Act: 10.05.2019 21:45 Print

La sécurité du service des votations interroge

L'accès aux bulletins de vote des citoyens aurait été trop facile. D'autres services cantonaux ou communaux sont pourtant bien sécurisés.

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Certains services de l'Etat et de la Ville sont protégés par des systèmes de sécurité performants. Cela n'aurait pas été le cas au service des votations. (Photo: Keystone)

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Depuis jeudi, un scandale ébranle la politique genevoise. Un employé du service des votations est soupçonné d'avoir agi, depuis plusieurs années, sur des bulletins de vote déjà remplis, envoyés par correspondance. Le Ministère public, qui a perquisitionné les bureaux du service jeudi, indique qu’il en aurait «détruit ou ajouté».

La sécurité des locaux laissait vraisemblablement à désirer. L'accès à la salle où étaient stockés les bulletins de vote des citoyens aurait été trop facile. Un manquement qui est loin d'être la règle au sein de l'administration cantonale. A titre de comparaison, les serveurs informatiques de l'Etat «se trouvent dans des centres de calculs sécurisés, équipés de caméras de vidéosurveillance et gardés par des agents de sécurité ou de police, révèle Roland Godel, porte-parole du Département des infrastructures. L'accès aux locaux se fait par reconnaissance d'empreintes digitales. Seules des personnes dûment accréditées ont les droits d'accès aux locaux. Chaque accès est tracé.»

Technologie et formation

En Ville de Genève, la sécurité est également renforcée dans les locaux abritant des données sensibles. Pour accéder aux services informatiques et financiers, les employés ont besoin d'un badge électronique. Il enregistre l’identité ainsi que les heures d’entrée et de sortie de leur utilisateur. A moins d’avoir prévenu à l’avance, il n’est pas possible d’accéder à certaines salles après 21h, même avec un badge, sinon une alarme se déclenche. Enfin, les locaux qui hébergent les serveurs informatiques de la Municipalité ne sont accessibles qu’aux personnes habilitées. Un dispositif de reconnaissance d’empreintes digitales en garde l’entrée.

Côté vaudois, la situation est difficilement comparable. En effet, il n'y a pas de Service des votations qui centralise les bulletins au niveau cantonal, comme à Genève. De l'autre côté de la Versoix, tout est affaire de communes. Ce sont elles qui stockent et dépouillent les bulletins, avant d'envoyer électroniquement les résultats au Canton. A Lausanne, par exemple, le matériel de vote récolté est entreposé dans un local, qui n'est pas équipé de caméra de surveillance. Mais il faut trois portes et deux clés spéciales pour y accéder. Seuls des huissiers assermentés possèdent ces clés.

En plus de systèmes de sécurité élaborés, des formations existent pour mettre les collaborateurs à la page en matière de protection des données. La Migros procède notamment ainsi avec ses employés qui gèrent le système Cumulus. Les clients «peuvent compter sur un traitement rigoureux des informations les concernant et sur une stricte protection des données à tous les niveaux, précise Tristan Cerf, porte-parole du géant orange. Nos propres collaborateurs, tout comme ceux de nos partenaires, sont sensibilisés en matière de protection des données et suivent régulièrement une formation dans ce domaine.»

(lfe/dra/mpo)