Genève

29 août 2018 16:23; Act: 29.08.2018 17:24 Print

Vente de clopes aux moins de 18 ans: l'Etat dit stop

par David Ramseyer - Le Conseil d'Etat a adopté un projet de loi pour limiter l'achat de produits liés au tabac. La cigarette électronique est concernée.

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Sidney Guenin, buraliste: "Il faut protéger les jeunes." (Photo: dra)

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Que ce soit dans un kiosque ou en magasins, il sera bientôt illégal de vendre des cigarettes à des mineurs. C'est en tout cas ce qu'espère le Conseil d'Etat. Ce dernier a adopté un projet de loi en ce sens ce mercredi, alors que Genève est à ce jour le seul canton romand à ne pas imposer un âge minimum à l'achat de tabac. Le parlement cantonal devra encore se prononcer. Le conseiller d'Etat Mauro Poggia, chargé de la santé, se dit optimiste: «Une claire majorité devrait se dégager sur un tel sujet de santé publique; j'espère un vote avant la fin de l'année.»

L'interdiction vise donc les clopes, les échantillons gratuits distribués en soirée mais aussi le tabac à rouler, le tabac à chicha et la cigarette électronique. «Permettre à des mineurs de commencer à fumer par ce biais, c'est la porte ouverte à une consommation plus nocive, plus tard, avec du vrai tabac», estime le magistrat. Quant aux distributeurs de paquets dans les bars, le Canton imagine qu'ils ne soient plus accessibles au public: le consommateur devrait par exemple passer par le serveur pour s'offrir sa dose de nicotine.

Une bonne mesure mais insuffisante?

Le projet de loi séduit en tous cas Sidney Guenin, buraliste au centre-ville. Lui qui avoue avoir toujours été étonné de l'absence de restrictions légales à la vente de tabac estime que la mesure est «une bonne chose. Il faut protéger les jeunes pour qu'ils ne se mettent pas à fumer trop vite». Le commerçant en est persuadé: «Cette loi permettra de limiter la consommation.»

Un avis que partage le président du Centre genevois de prévention du tabagisme (CIPRET/Carrefour addictions). Mais pas question pour le Dr. Jean-Paul Humair de s'emballer: «C'est une mesure satisfaisante, qui va dans le sens des recommandations de l'OMS en matière de santé publique, note-t-il. Ce n'est cependant pas la stratégie la plus optimale pour lutter contre le tabagisme». Une hausse des prix et l'interdiction de la publicité donneraient encore de meilleurs résultats, selon le praticien.

Ce dernier estime enfin que l'efficacité de l'interdiction de la vente de cigarettes aux mineurs se jouera sur le terrain: «Si on veut que cela marche, il faudra effectuer des contrôles - par le biais d'achats tests par exemple - et prendre des sanctions». C'est prévu, assure le Canton. Le Service de la santé et l'Office de l'inspection du travail seront chargés de vérifier la légalité des ventes. Par ailleurs, la future loi promet des amendes de 1000 à 80'000 francs aux contrevenants, ainsi que la possible fermeture des commerces fautifs.