Genève

06 avril 2019 11:55; Act: 06.04.2019 17:14 Print

Le Jardin botanique ouvre sa menuiserie au public

par Lucie Fehlbaum - L'atelier extraordinaire de Jean-Pierre Morier, menuisier chef du Jardin botanique, accueille des visiteurs jusqu'à dimanche soir.

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Visiter le Conservatoire et Jardin botaniques (CJB), c'est tomber nez-à-nez, outres les plantes, avec les créations de Jean-Pierre Morier. Le menuisier-chef du CJB est en poste depuis 1985. «Je fais partie des meubles», plaisante l'artisan. Seul dans son atelier, entouré d'outils et de machines, il produit 90% de tous les objets de bois disséminés dans le Jardin. Les bacs, les arches, les barrières, le comptoir d'accueil, les bancs et les tables, c'est lui. Mais il crée aussi des pièces uniques, véritables œuvres d'art présentées lors des expositions du CJB.

A l'occasion des Journées européennes des métiers d'art, Jean-Pierre Morier ouvre son atelier au public. Tout le week-end, de 10h à 12h et de 13h à 16h, les curieux sont invités à découvrir les secrets d'un menuisier hors normes.

Sur le tas

«En apprentissage, je n'ai pas appris à créer des bacs. J'en ai dessiné et testé, je me suis trompé et j'ai recommencé avant d'arriver au résultat d'aujourd'hui», raconte le menuisier-chef. Ces bacs, dits d'orangerie, accueillent les arbres que le CJB abrite sous ses serres. Parfaitement ronds ou carrés, le plus grand pèse aujourd'hui 3 tonnes. Les éléments de serrurerie- des lames de fer qui entourent les bacs- sortent aussi de l'atelier de Jean-Pierre Morier, qui a étudié cette technique. «J'ai dû me former sur le tas en arrivant au Jardin.»

Abeilles bien logées

Dans sa menuiserie, nichée au cœur de CJB, derrière la maison des jardiniers, Jean-Pierre Morier est aussi architecte. Il perfectionne depuis des années les ruches du Jardin. «La taille des ruches dépend de la taille des colonies. Comme pour une famille, au départ un studio suffit, illustre l'artisan. On déménage dans un deux pièces avec l'arrivée d'un nouveau membre, puis dans un trois pièces. Les petites colonies vivent au départ dans de petites ruches.» Jean-Pierre Morier a également pensé un système de vitres, permettant aux visiteurs, notamment des enfants, de guigner le travail des abeilles sans les déranger.

Temple japonais

Six mois par an, la menuiserie vit au rythme des expositions du CJB. Jean-Pierre Morier élabore des pièces extraordinaires. «Je suis très heureux de créer toujours de nouvelles choses, des constructions originales. Le Jardin peut ainsi exposer des créations qu'il n'aurait pas forcément pu acheter.» L'exemple le plus connu demeure la pagode. Impossible pour les équipes du Jardin de la détruire après l'exposition «Plantes et Spiritualité», en 2015. Les jardiniers ont imaginé le jardin zen, qui accueille désormais cet impressionnant temple japonais construit par les seules mains de Jean-Pierre Morier. «A l'époque, on m'avait prévenu la veille d'une réunion qu'une pagode s'intègrerait bien dans l'expo, sourit le menuisier-chef. Je n'ai pas eu beaucoup de temps pour faire ma maquette.» La prochaine exposition, «Symboles et Sentiments», démarre en mai. Les visiteurs y admireront sans aucun doute les créations de Jean-Pierre Morier.

(lfe)