Genève

01 novembre 2017 20:24; Act: 01.11.2017 20:24 Print

Le PDC veut éliminer les pesticides des campagnes

par Julien Culet - Le parti demande que les herbicides et autres produits chimiques soient interdits pour tous les Genevois. Les agriculteurs s’inquiètent.

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Lépandage de pesticide pourrait disparaître à Genève. (Photo: Keystone/AP/Charlie Neibergall)

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Interdire l’importation, la vente et l’utilisation des pesticides chimiques de synthèse à usage privé ou professionnel, à Genève. C’est l’objet d’un projet de loi constitutionnel déposé par le PDC. Une telle décision, à l’échelle d’un canton, serait une première en Suisse. «Nos agriculteurs ont déjà de bonnes pratiques mais le débat est indispensable», estime Bertrand Buchs, à la tête du PDC genevois.

Il reconnaît avoir reçu des appels d’agriculteurs opposés à son projet. «Nous avons un petit territoire agricole, c’est l’occasion pour Genève d’être à la pointe et de montrer l’exemple», juge le député. Le texte prévoit des aides pour les professionnels qui seraient concernés par l’interdiction.

Agriculteurs en colère

Le directeur de la faîtière des agriculteurs de Genève est en colère. «C’est de la pure fantaisie, un truc électoraliste», fustige François Erard. Pour lui, le parti veut surfer sur le débat actuel concernant le glyphosate. «On se trompe de cible, nous n’avons pas ce problème ici», indique le directeur. Et, pour lui, il est «impossible de se passer des produits phytosanitaires, même dans l’agriculture bio».

Fondateur d’espace-terroir.ch, qui livre des légumes locaux, Guillaume Lambert estime que se passer de ces produits est «totalement faisable. Après, il y a une question de coûts car cela demande beaucoup plus de travail manuel». D’après lui, cela pénaliserait les producteurs qui travaillent avec la grande distribution et qui ont déjà de la peine sur le marché national.

Ministre opposé

Conseiller d’Etat chargé de l’agriculture, Luc Barthassat se désolidarise du chef de son parti, dont il dit avoir découvert le texte lundi. «Balancer une interdiction, ça fait joli, mais on ne fait pas avancer la cause», lance l'ex-viticulteur. L'élu indique qu’un groupe de travail sur les pesticides a été créé. «Il vaut mieux discuter avec les gens plutôt que les mettre devant le fait accompli», estime l’élu. Il dit préférer des aides aux agriculteurs qui passent au bio. «Les choses doivent se faire petit à petit mais de manière durable.»