Service des votations (GE)

13 mai 2019 21:33; Act: 13.05.2019 21:33 Print

Soupçons de fraude: les explications des autorités

par Jérôme Faas - L’Etat affirme que les allégations de trucage d'opérations électorales reposent sur du vent. Il garantit la sécurité du vote du 19 mai.

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Le procureur général Olivier Jornot a expliqué dans le détail lundi 13 mai aux médias pourquoi il n'était pas inquiet pour le scrutin du 19 mai. (Photo: Keystone/Salvatore di Nolfi)

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«A ce stade, je n’ai aucun indice qu’une fraude électorale ait été commise, aucun indice de corruption, aucun indice que des votations passées ou celle en cours aient été affectées.» Olivier Jornot, le procureur général de la République de Genève, a fait le point ce lundi sur la procédure ouverte en février pour des soupçons de scrutins trafiqués. Il avait agi après avoir été saisi par la Cour des comptes, à qui s'étaient ouvertes deux employées du Service des votations, des auxiliaires, dénonçant l'un de leurs collègues, lui aussi auxiliaire.

Prévenu libéré faute de charges

Une perquisition avait été menée jeudi au Service des votations. Vendredi, le prévenu a fait face à la dénonciatrice principale («il est apparu qu'il n'y en avait en réalité qu'une seule, précise Olivier Jornot, la deuxième se référant sans cesse aux dires de la première»), qui partage son bureau et travaille comme lui au courrier. Après neuf heures d’audition et de confrontation, il est sorti libre. «Les charges qui pesaient contre lui étaient insuffisantes pour justifier son maintien en détention», a déclaré Olivier Jornot, qui indique que l’enquête se poursuit. «De nombreuses personnes vont encore être entendues et confrontées. Il faut que l'on puisse comprendre comment, au fil des circonstances, des petits riens sont devenus de grandes fraudes.» Autrement dit, comment les soupçons de la dénonciatrice sont nés et ont proliféré.

Hodgers: «Il n'y a rien, l'intégrité du vote est garantie»

Le président Vert du Conseil d’Etat Antonio Hodgers a fait plus bref. «La conclusion: il n’y a rien. Notre constat: l’intégrité du vote du 19 mai est garantie. Le Conseil d’Etat est en mesure de garantir que chaque voix compte. Les institutions fonctionnent, la Cour des comptes et le Ministère public fonctionnent, ils ont mené leurs enquêtes. Le Conseil d'Etat déplore l'emballement médiatique et politique. Des tensions entre trois collaborateurs, c'est le lot de toutes les institutions.» Sa collègue PLR Nathalie Fontanet a complété. «Il s'agit de rassurer les Genevois. Leurs bulletins de vote ne sont pas en danger et ne l'ont pas été. Le procureur général a dit qu'aujourd'hui, il n'y avait pas de soupçons de fraude. Pour nous, c'est un élément essentiel à six jours d'un vote essentiel.»

Le matériel saisi n'est pas douteux

Pour Olivier Jornot, le matériel saisi jeudi lors de la perquisition n’est pas douteux: dans le bureau du prévenu se trouvaient environ cent enveloppes issues du vote des Suisses de l’étranger. Une vingtaine étaient ouvertes, avec le contenu à côté, l'enveloppe bleue contenant le bulletin et la carte d'électeur jointes par un trombone. «Son cahier des charges était d’en préparer des tas de cinquante. Quand il n’avait pas fini son tas, il le remettait dans son bureau.» Quelque 80 étaient fermées. «Il gardait les soldes à traiter pour le lendemain.» Quant aux bulletins pour le 19 mai récupérés déchirés à la poubelle, ils ont, selon un cadre du service entendu par le Parquet, été jetés car les croix étaient illisibles pour la machine de comptage, avant d'être refaits correctement.