Genève

19 septembre 2019 12:12; Act: 20.09.2019 08:59 Print

Le Parquet requiert 7 ans contre le moniteur abuseur

Le Ministère public a estimé ce jeudi que l'affaire du pédophile qui sévissait lors de camps Caritas n'avait pas d'équivalent.

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Le procès du moniteur pédophile, débuté mercredi 18 septembre, durera jusqu'au 20 septembre.. (Photo: Keystone/Salvatore di Nolfi)

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En matière de pédophilie, la procureure Katerina Figurek Ernst n'aime pas comparer les affaires les unes aux autres, explique-t-elle. Mais là, après avoir consulté la jurisprudence, elle s'est sentie obligée de contextualiser le cas du moniteur de camp Caritas jugé depuis mercredi par le Tribunal correctionnel. Ce dossier «n'a pas d'équivalents». Il se singularise par le nombre de fichiers de pédopornographie téléchargés (plus de 4000) et par le mode opératoire (le rapport de domination entre moniteur et enfants). «Il est surtout unique par la longueur de la période pénale», insiste la magistrate. Pendant huit ans, le prévenu a perpétré 45 actes délictueux au détriment de 19 victimes, de très petites enfants, la plupart ayant 5 ans. La particularité de l'affaire tient aussi, ajoute-t-elle, «aux aveux auto-incriminants» du pervers.

En observant, dénudant, caressant et filmant à des fins de masturbation et d'échanges d'images sur le darknet ses proies de 2011 à 2018 lors de treize camps, le prévenu s'est rendu coupable d'une faute «extrêmement lourde», a estimé la procureure. Après avoir énuméré les noms et les âges des victimes, dont le «développement personnel et sexuel» est maintenant «compromis», elle a requis une peine de 7 ans de prison ferme. Elle entend également que l'accusé soit frappé d'une interdiction d'exercer une activité avec des enfants, et qu'une mesure soit prononcée à son encontre, soit l'obligation d'un traitement ambulatoire en sexologie avec un suivi thérapeutique.

Le procès se poursuit avec les plaidoiries des nombreux avocats.

(jef)