Genève

02 avril 2019 07:00; Act: 02.04.2019 11:16 Print

Des agents doutent du but de l’opération antidealers

par Jérôme Faas - Descente ciblée ou entraînement pour des interpellations de masse? L’objectif d’une rafle, jeudi, divise certains policiers.

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Les policiers ont procédé à 39 interpellations jeudi, dont deux consommatrices (image d'illustration).

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Nom de code: all inclusive. Jeudi soir, 39 individus ont été interpellés à Plainpalais et aux Pâquis, où prospère le deal de rue, puis emmenés au Nouvel Hôtel de police. Mais le but de l’opération divise. Pour la tête de la police, c’est combattre la vente de drogue à ciel ouvert. Mais certains agents ont compris qu’il s’agissait en fait, en prévision du retour de Servette en Super League, d’éprouver le dispositif interpellations de masse-rétention-suivi judiciaire. Les dealers africains auraient joué malgré eux le rôle des hooligans.

«Il n’y avait aucun objectif de sécurisation de l’espace public. Il s’agissait de tester nos forces pour les gros événements. Il a d’ailleurs été précisé que les Blacks seraient plus dociles que les supporters», indique un agent, choqué. La lecture d’un autre diverge: «Le but premier est de marquer la présence policière sur le terrain, notamment pour répondre aux vives doléances de la population.»

Porte-parole de la police, Silvain Guillaume-Gentil indique que ce type d’opération antideal est classique. En septembre, lors de la dernière, «des pistes d’amélioration» avaient été identifiées en termes notamment de «gestion du flux de personnes». Bref, l’objectif, c’était assurément le deal, mais les forces de l’ordre en auraient profité pour évaluer leur dispositif. «Bon nombre de défis nous attendent, nous devons être prêts à assumer la gestion d’un grand nombre d’interpellations de la meilleure des façons possibles.»