Genève

30 novembre 2017 14:38; Act: 30.11.2017 18:33 Print

Le chantier de la Nouvelle Comédie bloqué par Unia

par Maria Pineiro - Tôt jeudi matin, les syndicalistes ont scellé l'entrée du site. Unia dénonce un taux d'intérimaires trop élevé.

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Le syndicat Unia a scellé l'entrée du chantier de la Nouvelle Comédie, empêchant les ouvriers de se rendre au travail. (Photo: mpo)

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Les ouvriers du chantier de la Nouvelle Comédie aux Eaux-Vives n'ont pas pu travailler ce matin. Unia a scellé les grilles d'entrée du site lors d'une manifestation de protestation débutée à 7h. Le syndicat voulait dénoncer l'entreprise Maulini, accusée d'employer 50% de temporaires sur cet ouvrage, soit 12 maçons sur 24 salariés.

Légal

José Sebastiao, secrétaire syndical, a rappelé qu'Unia exige «une limitation à 10% d'employés temporaires par chantier». Selon le syndicat, l'intérim pose de nombreux problèmes aux travailleurs, notamment sur les possibilités de retraite anticipée ou l'avancement salarial.

La réduction du recours au travail temporaire est un important cheval de bataille des syndicats, car il s'agit «un fléau», indique Unia. Il rappelle que la Comédie n'est pas le premier chantier épinglé. Ces derniers mois, il y a eu des cas aux Vergers à Meyrin ou au chemin de l'Etang à Vernier.

Pour autant, le recours au travail temporaire n'est pas illégal. «Mais c'est immoral», insiste José Sebastiao. Le secrétaire syndical rappelle que les pouvoirs publics se sont saisis du problème. Ainsi, au niveau municipal, le délibératif de la Ville de Genève a voté une résolution afin de limiter le travail temporaire à 10% sur les chantiers publics. Cette résolution datant du 18 octobre, elle n'entre pas en ligne de compte pour le site visé jeudi matin.

Le maire se saisit du cas

D'après le syndicat, le maire de la Ville et responsable des travaux, Rémy Pagani, s'est entretenu jeudi matin avec le patron de l'entreprise Maulini. Jeudi après-midi, cette dernière a contesté par communiqué les accusations d'Unia. Maulini «conteste vigoureusement les chiffres fallacieux cités dans le communiqué de presse du syndicat». L'entreprise indique avoir recours à 18% de temporaires et être ainsi «conforme au règlement sur les marchés publics». La société se dit «fortement attachée à la fidélisation de ses collaborateurs». Enfin, vers 12h30, Maulini indiquait ne pas avoir eu de contact avec Rémy Pagani.

Le chantier bloqué, les ouvriers sont repartis chez eux. Pour ce qui est de la suite des revendications syndicales, José Sebastiao prévient: «Nous scellerons les chantiers un à un s'il le faut.»

Après une rencontre et des vérifications jeudi après-midi, la Ville de Genève a réitéré sa confiance à l'entreprise Maulini.