Genève

11 octobre 2018 18:43; Act: 12.10.2018 13:08 Print

Le chauffage écolo se creuse une place de choix

par Lucie Fehlbaum - Le plus grand forage du canton donne de bons espoirs pour la géothermie. Le public pourra découvrir cette installation à Satigny samedi.

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A Satigny, l'eau remonte à la surface à 33 degrés. (Photo: SIG)

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A 744 mètres en dessous de Satigny, une eau chaude, qui remonte à 33 degrés à la surface, pourrait un jour chauffer des milliers de Genevois. Cette découverte s'inscrit dans le cadre du programme GEothermie 2020, piloté par l'Etat et mis en oeuvre par les Services industriels (SIG). Il monte en puissance, avec trois nouveaux forages exploratoires ainsi que deux campagnes de prospection prévus.

Pour le moment, les explorations permettent de comprendre où et comment exploiter la géothermie sur le territoire genevois. «Si on devait chauffer un quartier, une pompe à chaleur, qui fonctionne à l'électricité renouvelable, pourrait amener l'eau à 60 degrés dans un réseau de chauffage à distance, explique Véronique Tanerg, porte-parole des SIG. On n'impacte en rien le milieu naturel. L'eau est prélevée en profondeur, chauffée puis redistribuée dans le sous-sol. Il y a donc un puits pour prendre l'eau et un puits de restitution.»

Pas de risque sismique

L'objectif pour 2035: chauffer 20% du canton grâce à la géothermie. L'expérience satignotte a confirmé les prévisions des géologues: il existe bel et bien une importante quantité d'eau chaude souterraine. «Il s'agit du plus grand forage réalisé par nos équipes, révèle Véronique Tanerg. On ira de plus en plus profond. A Satigny, on parle de moyenne profondeur. Ce terme est valable jusqu'à 1500 mètres.» A Genève, les géologues ont fait le choix de la prudence, pour éviter les incidents sismiques qu'ont connu Bâle et Saint-Gall lors de leurs expériences géothermiques. «Eux sont allés à 5 kilomètres de profondeur, leur but était de produire de l'électricité. Nos spécialistes ont choisis de bien connaître le sous-sol avant de forer en moyenne profondeur. Cette option permet de produire du chauffage.»

Camion vibreur

L'agenda de la géothermie se poursuit dès le 22 octobre à Avusy. Il s'agira cette fois d'une campagne de prospection, soit sans trou dans la terre. «Nous allons sonder le sol sur 125 km entre la Suisse et la France. Les géologues cherchent des failles en étudiant des couches géologiques à l'aide d'un camion vibreur. Il envoie des ondes sous la terre, comme une échographie. En écoutant ces ondes, les chercheurs obtiennent des informations et les cartographient.» Le prochain forage exploratoire commencera quant à lui début 2019 à Bernex.