Ville de Genève

16 janvier 2020 20:56; Act: 16.01.2020 22:25 Print

Retard à l'allumage pour le méga complexe sportif

par Jérôme Faas - Le Conseil municipal a refusé d'étudier le projet de centre sportif et culturel des Eaux-Vives. Le programme lui plaît mais sa présentation le rebute.

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Le projet des Eaux-Vives inclut notamment une piscine couverte. (Photo: Keystone/Jean-christophe Bott)

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Décollage avorté pour l'énorme projet de centre sportif, culturel et social des Eaux-Vives. Mercredi soir, le Conseil municipal l'a renvoyé à l'expéditeur, soit le Conseil administratif. En l'état, tous les partis à l'exception du Parti socialiste refusent d'étudier ce qu'ils qualifient de fourre-tout, bien que tous portent un regard bienveillant sur le contenu de ce programme à 115 millions de francs. Bref, expliquent-ils, leur opposition n'est que de forme.

Ce complexe (le premier centre sportif construit à Genève depuis 30 ans, se plaît à rappeler le conseiller administratif socialiste chargé des sports et de la culture Sami Kanaan) est censé englober une piscine couverte, une salle de grimpe, une salle omnisports, une crèche, un studio d'enregistrement pour les jeunes, des locaux de répétition, un commerce, un dépôt pour la Voirie, une vélostation et un parking. Mais en plus de présenter ce menu déjà gargantuesque au Conseil municipal, le projet de l'exécutif regroupe dix délibérations dont certaines parlent de servitudes, de mutations parcellaires, de logement et de mobilier.

La taille du paquet effraie les élus

Pour les conseillers municipaux, l'indigestion guette. «C'est intraitable, dans quelle commission va-t-on étudier ce projet?, s'interroge le MCG Daniel Sormanni. C'est un paquet ficelé de choses complètement différentes.» La Verte Delphine Wuest réclame aussi «un autre emballage» pour ce «gros paquet»: «C'est quand même 115 millions, alors que la Ville a 130 millions d'investissements par an. Pour nous, c'était trop gros.»

Certains élus craignent de perdre le contrôle d'un tel paquebot. Ainsi le PLR Simon Brandt évoque-t-il «un problème de confiance», redoutant des dépassements de crédits. «La dernière fois qu'on a eu un gros crédit, c'était pour la rénovation du Grand Théâtre. On a vu ce qui s'est passé... Il n'y a pas forcément besoin de diviser le paquet en quatre, mais une seule proposition à 115 millions, c'est trop.» Pierre Scherb, de l'UDC, et Maria Pérez, du Parti Travail, déplorent tous deux «un fourre-tout». La seconde réclame une clarification. «Bien sûr qu'on porte un regard bienveillant sur ce projet. Mais s'il part directement dans les bonnes commissions, ça ira plus vite. Il s'agit de 115 millions, on doit quand même pouvoir travailler dans de bonnes conditions!»

«Pour une fois, une vision d'ensemble»

«Nous n'avons aucune volonté de freiner ces aménagements tout à fait nécessaires, indique Anne Carron, du PDC, mais le seul critère de l'unité de lieu ne faisait pas sens». C'est précisément sur ce point que l'avis de la majorité du Conseil municipal diffère de celui du PS. La socialiste Christina Kitsos défend «l'intérêt de travailler de manière cohérente et coordonnée, car il s'agit vraiment de la création d'un nouveau quartier. C'est ça, l'avenir de la politique: ne pas penser l'aménagement en silo. Là, pour une fois, il existe une vision d'ensemble, une logique.» Elle regrette donc «l'excès de formalisme» des autres partis, qui risque selon elle de retarder le chantier, «alors que les besoins, notamment celui d'une crèche, d'une piscine et de logements, sont là».

L'exécutif veut aller très vite

Le conseiller administratif Sami Kanaan espère donc aller vite. L'objectif de l'exécutif, affirme-t-il, est de représenter dans trois semaines déjà le projet, sous une forme susceptible de satisfaire le Conseil municipal. «On va négocier, j'ose espérer que le retard n'excédera pas un mois. Pour nous, la priorité, c'est de passer le projet. On fera tout pour.» Mais il avertit que le saucissonnage a des limites. «Vu que l'on opère sur un site unique, on ne peut pas faire de l'aménagement à la carte, prendre cet élément et pas celui-là. C'est comme un puzzle, toutes les pièces sont interdépendantes.»