Genève

01 octobre 2019 11:45; Act: 01.10.2019 16:12 Print

Le corps de l'escort a été transporté dans une valise

par Jérôme Faas - L'un des prévenus, un Vaudois, avait rencontré des journalistes en août. Il sous-louait des logements à des prostituées, mais niait être un proxénète.

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La victime a été tuée dans son appartement du quartier de Florissant. (Photo: Keystone/AP/Laura Rauch)

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Le corps de la prostituée tuée dans son appartement genevois de Florissant pendant la nuit du 9 au 10 septembre a été transporté en France dans une valise, en taxi, par les deux suspects. Là-bas, il a été brûlé puis enterré, à proximité d’Evian-les-Bains, rapporte la «Tribune de Genève». Les prévenus ont été repérés grâce à des images de vidéosurveillance. Ainsi que le Ministère public l’a communiqué vendredi, ils ont été interpellés le 25 septembre. L’un, pincé en France, est âgé de 18 ans, l’autre, arrêté en Suisse, a 39 ans.

Ce dernier n’est pas un inconnu de la justice. Ce Vaudois, fils de bonne famille, était sorti de prison le 9 août, en liberté provisoire. Il était incarcéré depuis l'été 2018 pour encouragement à la prostitution, des faits qu’il contestait fermement, tout comme son avocat dans ce volet spécifique, Me Romain Canonica.

«Marketer les filles»

C’est d’ailleurs pour faire valoir cette version que l’homme avait sollicité certains médias, dont «20 Minutes», durant l’été. Lors d’une longue entrevue, il avait détaillé ses activités, expliquant importer des pierres précieuses. Il admettait aussi volontiers avoir sous-loué des appartements à des prostituées - «un meublé à Champel, c’est quand même assez cher, les personnes qui ont les moyens, ce sont des escorts», exposait-il alors, soulignant que ces femmes respectaient les appartements.

Son travail principal, ajoutait-il, consistait à «marketer les filles», soit les conseiller afin de mettre en valeur leurs profils sur les sites d’escorts. Il était ainsi en contact avec des femmes de l’Est, habituées d’une clientèle haut de gamme («architectes, magistrats, avocats, sportifs»), et qui facturaient leurs services «entre 400 et 600 francs de l’heure».

Mais jamais, martelait cet homme à la voix douce s’exprimant avec clarté, il n’avait incité ces jeunes femmes à se prostituer ainsi que le Ministère public le lui reprochait - et lui reproche toujours. La volonté venait des filles. Lui fournissait des services périphériques.

Motif crapuleux?

Aujourd’hui, et pour ce qui concerne l’homicide de Florissant, il est défendu par Me Sylvain Zihlmann. Ce dernier indique que son client «conteste son implication dans le meurtre». L’appartement dans lequel il s’est déroulé était-il l’un de ceux du prévenu? Ce dernier était-il en relation d’affaires avec la victime, une Française de 33 ans, selon «Le Parisien»? «Je ne peux pas faire de commentaires à ce stade», décline l’homme de loi.

Selon la «Tribune de Genève» et le journal français, la victime aurait été gazée, et le motif de son agression aurait été crapuleux: c'était à son argent qu'on en voulait.