Procès de Fabrice A. à Genève

03 octobre 2016 08:54; Act: 03.10.2016 20:58 Print

Le meurtre «ne s'est pas fait sur un coup de tête»

Le Tribunal criminel juge depuis ce lundi et durant deux semaines Fabrice A., le meurtrier d'Adeline M., sociothérapeute à la Pâquerette.

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13.01.2017 Nouveau rebondissement dans le procès de Fabrice A. Le Tribunal chargé de le juger a été récusé, annonce vendredi «Le Temps». 06.01.2017 Coup de Théâtre à Genève, le Tribunal criminel qui juge depuis lundi Fabrice A. a ordonné une nouvelle expertise psychiatrique. Le procès sera suspendu à l'issue des audiences prévues jeudi, a indiqué la présidente du Tribunal. Un des experts français entendus mercredi n'a pas eu connaissance de tous les éléments de l'affaire. Cette interruption de procès, qui doit encore être confirmée par les juges est «émotionnellement très difficile pour les proches». La famille (ici les parents d'Adeline) sera là quand le procès reprendra, a indiqué son avocat Simon Ntah. 04.10.2016 Au deuxième jour du procès. plongée dans l'esprit du psychopathe Fabrice A. Selon le docteur Eric Luke, Fabrice A. a développé peu à peu sa perversion, au fil de ses victimes.. 03.10.2016 Le premier jour de son procès, pendant trois heures, les pieds moulés dans ses chaussettes kaki et ses sandales en plastique, Fabrice A. a sereinement expliqué la principale raison de son passage à l'acte: il était obsédé par sa volonté de s'évader afin de retrouver une ex. 03.10.2016 - Le fourgon transportant Fabrice A. arrive au Palais de justice pour l'ouverture du procès devant le Tribunal criminel. 03.10.2016 Les parents d'Adeline accompagnés de leur avocat, Me Simon Ntah, et du compagnon d'Adeline, arrivent au Palais de justice pour l'ouverture du procès de Fabrice A.. 21.12.2015 L'Etat de Genève, ainsi que les HUG, ont trouvé un accord avec les proches d'Adeline pour les indemniser, a annoncé un communiqué lundi. Aucun autre détail n'a été fourni. 17.11.2015 Les experts psychiatres qui ont évalué Fabrice A. ne préconisent pas l'internement à vie. 17.06.2015 Lenquête administrative du Conseil d'Etat blanchit la directrice du service d'application des peines suite au meurtre de la sociothérapeute. Une conclusion en totale contradiction avec un précédent rapport. 12.03.2015 A Genève, une commission d'enquête parlementaire (CEP) se penchera sur les dysfonctionnements qui ont conduit à la mort d'Adeline. 22.05.2014 Les HUG ont dévoilé les résultats de l'enquête sur le centre de sociothérapie de Champ-Dollon, après le meurtre d'Adeline M. par un détenu en septembre 2013. L'ancienne directrice écope d'un blâme. 12.04.14 Une marche noire afin de lutter contre l'oubli des meurtres par des détenus dangereux a été organisée à Lausanne. 15.12.13 Fabrice A. a écrit une lettre au «SonntagsBlick» dans laquelle il propose de livrer des informations exclusives contre de l'argent. 28.11 Le Ministère de la justice polonais a autorisé lundi l'extradition de Fabrice A., le meurtrier présumé d'Adeline, qui sera remis aux autorités judiciaires suisses. 22.10.2013 Fabrice A. pourra bel et bien être extradé de Pologne vers la Suisse. Ainsi en a décidé la justice polonaise, ce mardi. 18.10 Une enquête administrative sur le fonctionnement de La Pâquerette va être menée par les HUG et devrait durer plusieurs mois, a indiqué vendredi le professeur et avocat Benoît Chappuis. 10.10 A la suite de la publication du rapport Ziegler, le président du conseil d'administration des HUG a décidé de suspendre la directrice du centre de sociothérapie de la Pâquerette. 09.10 L'avocat et ancien conseiller d'Etat genevois Bernard Ziegler présente les conclusions de son enquête administrative sur les circonstances de la disparition d'Adeline: «Fabrice A. n'aurait pas dû être autorisé à sortir.» 26.09 Antoine Schluchter, père de Marie, assassinée à Payerne par un récidiviste, était l'invité de l'Eglise protestante genevoise jeudi, l'occasion pour lui de revenir sur le meurtre d'Adeline: «Ça a été un choc énorme, comme un coup dans le ventre», a confié le pasteur. 23.01.2014 Quelque 500 personnes ont assisté lundi après-midi à l'enterrement d'Adeline. L'église d'Avusy (GE) était bien trop petite pour accueillir tout le monde. Une centaine d'employés de la prison de Champ-Dollon et des Hôpitaux universitaires genevois se sont réunis et recueillis en mémoire d'Adeline. Face à eux, le président du syndicat policier, Christian Antonietti, et Mirella Falco, du syndicat interprofessionnel des travailleurs, sobres et graves. 22.09.2013 Les employés présents dans le parc jouxtant l'hôpital des Trois-Chêne déposent une rose en mémoire de la défunte. Plusieurs d'entre eux, retenus par leur travail, ne pourront assister aux obsèques ce lundi après-midi. Le lieu du rassemblement a été choisi en raison du caractère symbolique sa localisation, à mi-chemin de la prison et de l'hôpital psychiatrique. 22.09.2013 En mémoire d'Adeline, qui croyait "avec une très grande noblesse que l'on peut rendre meilleurs le monde et les gens", Christian Antonietti, président du syndicat policier, a appelé à ne pas céder "à la révolte et à la haine" et à garder "à jamais l'image de cette femme qui sourit". 22.09.2013 Une cérémonie a réuni lundi matin à l'extérieur de l'Hôpital des Trois-Chênes à Genève plus d'une centaine de collègues d'Adeline, assassinée il y a plus d'une semaine par un récidiviste. 21.09.2013 Plus d'une semaine après le meurtre d'Adeline à Genève, près de 200 personnes habillées de noir se sont réunies samedi à Lausanne pour une marche de «la révolte». 20.09.2013 Fabrice A, suspecté d'avoir tué sa sociothérapeute Adeline M., veut être transféré rapidement en Suisse. Une information non confirmée-par le Ministère public. Selon «L'Illustré», l'homme, né à Paris de père valaisan et de mère irlandaise, a été réformé par la police française en raison de «troubles importants de la personnalité et de l'adaptation». 17.09.2013 Fabrice A., qui a avoué avoir tué Adeline M., avait demandé en 2011 sa grâce au Grand Conseil genevois, qui a rejeté sa requête. 16.09.13 Fabrice A., suspecté d'avoir tué sa sociothérapeute, Adeline M., avait des contacts avec le sadique de Romont (photo). Celui-ci a été reconnu coupable de viols et d'assassinats sur plusieurs autostoppeurs, dans les années 1980. 16.09 Les parents d'Adeline M. ont exprimé leur douleur au «19:30» de la RTS, souhaitant que le drame «serve à changer quelque chose». Ils ont précisé comment leur fille était morte. Un rassemblement silencieux en hommage à Adeline M. a réuni entre 200 et 300 personnes devant l'Hôtel-de-Ville, à Genève, le 16 septembre, en fin de journée. La foule a observé une minute de silence, avant de se disperser dans le calme. Fabrice A. à son arrivée au Ministère public de Szczecin, Pologne, le 16 septembre 2013. 16.09 A Genève, nomination de l'ancien conseiller d'Etat Bernard Ziegler pour mener l'enquête administrative ouverte après l'assassinat d'Adeline est contestée. En 1996, à l'âge de 18 ans, Francine R. a eu une relation avec Fabrice A. Un soir, il lui mis un couteau sous la gorge. Francine a mis fin cette relation tumultueuse le soir même 15.09 Des informations recueillies par la brigade criminelle de la police judiciaire ont permis l'interpellation de Fabrice A. à Kolbaskowo, localité polonaise près de la frontière allemande. Samedi 14 septembre 2013, Interpol a lancé un mandat d'arrêt international contre le tueur présumé d'Adeline M., Fabrice A. Vendredi 13.09 la police boucle un périmètre à Bellevue. Adeline M. La sociothérapeute qui a disparu jeudi alors qu'elle accompagnait un détenu de Champ-Dollon en sortie éducative a été retrouvée morte. Son corps a été découvert dans un bois de Bellevue (GE). Homme, type caucasien, 181 cm, crâne rasé, porte des lunettes de vue. Il est vêtu d'un K-way bleu, d'une veste en mouton retourné, d'un pantalon brun multipoches, d'une casquette noire avec oreillettes. Le fuyard Fabrice A. avait déjà été condamné deux fois pour viol.

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Lundi, au premier jour du procès de Fabrice A. devant le Tribunal criminel de Genève, Fabrice A. a longtemps nié toute préméditation. Ce n'est qu'en soirée qu'il a admis qu'il avait prévu d'égorger la sociothérapeute de La Pâquerette qui l'accompagnait le 12 septembre 2013.

Accusé d'assassinat, Fabrice A. est entré lundi matin dans une salle d'audience bondée et absolument silencieuse. Vêtu d'une chemise grise à motifs folkloriques, le crâne rasé et les branches de ses lunettes traçant des marques sur ses tempes, il avait enfoncé sa casquette sur sa tête afin que son visage soit partiellement dissimulé par la visière.

Fabrice A. a expliqué qu'il avait demandé à intégrer l'établissement de sociothérapie La Pâquerette, à Genève, pour fuir l'ambiance pesante du pénitencier vaudois de Bochuz. Incarcéré pour viol, il y avait pour voisins Claude D., l'agresseur de «Plume» et le «sadique de Romont». Il était fasciné par le droit de vie ou de mort qu'ils s'étaient arrogé, par le «sentiment de domination extrême».

«Ce qui tournait autour de la mort m'intriguait», a-t-il déclaré à la présidente de la cour qui l'interrogeait sur ses recherches en ligne sur la veine jugulaire et l'artère coronaire. Il est alors tombé sur le film «Braveheart». La scène d'égorgement l'a interpellé, mais pas excité, a-t-il précisé. Il avait pourtant affirmé aux psychiatres regarder la scène en boucle en se masturbant.

Un but: tuer Adeline

Suivre une équithérapie était initialement une «démarche sincère». Il s'était ensuite rendu compte que «c'était un argument béton pour obtenir une sortie accompagnée» dans un lieu isolé. Il avait réussi à imposer l'achat d'un cure-pied, avant de se procurer un couteau de la marque Victorinox, sa «passion».

Sur l'insistance de Simon Ntah, avocat de la famille de la victime, il a finalement admis lundi soir avoir indiqué à des experts son intention de tuer Adeline, 34 ans. Pendant la journée, il a affirmé que la situation avait «dérapé», que l'idée de l'égorger n'était venue que parce qu'il était obsédé par son plan de fuir en Pologne où il voulait retrouver son ex-petite amie.

Le prévenu a dit à la cour regretter ce qui s'est passé. «Il ne se passe pas un jour sans que j'y pense, c'est très lourd à porter», a-t-il déclaré, tout en reconnaissant l'immense peine qu'il a infligée à la famille d'Adeline. Quant à son trouble, il constate qu'il doit «faire du mal aux femmes», «malgré moi».

«Pathologie trop lourde»

Fabrice A. avait souligné dans le livre «La Psychologie pour les nuls» les termes qui lui correspondaient: talents criminels, utilisation pathologique du mensonge, tendance à l'escroquerie et à la manipulation. Il n'a pas profité de l'encadrement de La Pâquerette pour en parler, a déploré Me Ntah.

Au début, le prévenu voulait s'investir «sincèrement» dans l'établissement de sociothérapie. «Mais cela n'a pas duré longtemps». «Je pense avoir une pathologie beaucoup trop lourde pour La Pâquerette», a-t-il relevé. Avec le psychiatre qui le suit à présent, «c'est une autre musique». Lundi, il a déclaré être volontaire pour une castration physique.

L'ex-directrice malade

Interrogé sur son enfance par son avocat Yann Arnold, Fabrice a résumé sa mère en trois mots: mégalo, égocentrique et despotique. Deux mots lui ont suffi pour décrire son père: «pervers et alcoolique.» Sa situation familiale lui était tellement insupportable qu'il a fait une tentative de suicide à 10 ans.

Dans la matinée, la cour a rejeté les demandes préjudicielles de la défense comme celles de la partie plaignante, suivant ainsi les conclusions du procureur général Olivier Jornot. Au bénéfice d'un certificat médical transmis vendredi, l'ex-directrice de La Pâquerette ne témoignera pas lors de ce procès. La journée de mardi sera consacrée à l'audition des experts psychiatres.

(ats)