1er mai

01 mai 2012 16:18; Act: 02.05.2012 07:27 Print

Le personnel de Merck Serono se rebiffe

La Fête du travail a notamment été marquée mardi par le défilé des employés de l'entreprise pharmaceutique à Genève. A Zurich, quelques échauffourées mineures ont eu lieu en marge du défilé.

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Syndicats et orateurs de gauche ont milité pour la justice sociale lors de la Fête du travail mardi, critiquant la politique de la droite et ses cadeaux aux nantis. Le cortège zurichois a été le plus fourni, avec 12'000 personnes, tandis qu'à Genève, la fermeture de Merck Serono était dans tous les esprits.

Alain Berset à Fleurier

Pour sa première participation à un 1er mai en tant que conseiller fédéral, Alain Berset a souligné à Fleurier (NE) que le développement social doit accompagner l'évolution économique. «Ce sont les deux faces du même franc», a souligné le chef du Département fédéral de l'intérieur devant une petite foule de personnalités de la gauche neuchâteloise.

Pour le Fribourgeois, une société plus juste et plus solidaire est une société où le politique prend en compte ces aspects de la santé sociale et propose des solutions pour un développement économique assurant le bien-être social. Il ne s'agit pas seulement de défendre des acquis, il est essentiel de conserver de l'équilibre dans le changement.

Simonetta Sommaruga pour un meilleur équilibre travail-famille

La conseillère fédérale Simonetta Sommaruga a plaidé à Berne pour un meilleur équilibre travail-famille, et en particulier pour l'intégration des femmes dans le monde du travail. Chaque année, l'économie va chercher à l'étranger des dizaines de milliers de travailleurs alors que de nombreuses Suissesses bien formées n'exercent aucune activité professionnelle.

«Faciliter la conciliation entre travail et famille, contribuerait à maîtriser l'immigration», a-t-elle déclaré sur la place fédérale devant 2000 personnes. Quant au cortège du 1er mai dans la vieille ville de Berne, il s'est déroulé pacifiquement mais n'a réuni qu'un millier de personnes.

Salariés de Merck Serono

A Genève, la fermeture brutale du siège de Merck Serono, qui laisse sur le carreau 1250 personnes, était dans tous les esprits. Environ 500 salariés du géant pharmaceutique ont pris part au défilé mardi.

Les salariés de la multinationale ont rejoint à pied les autres manifestants qui les attendaient à la gare de Cornavin en reprenant à tue-tête des slogans comme «bénéfice record, employés dehors». Au total, près de 3000 personnes ont manifesté dans ce canton encore sous le choc de la mauvaise nouvelle tombée il y a une semaine.

Affluence à Zurich

Quelque 12'000 personnes ont participé au cortège officiel à Zurich, 2000 de plus qu'il y a un an. Le président de l'Union syndicale suisse (USS) et conseiller aux Etats saint-gallois Paul Rechsteiner a appelé la gauche à contrer l'UDC dans les agglomérations. Le syndicaliste égyptien Kamal Abbas, très applaudi, a appelé à la solidarité internationale pour les travailleurs de son pays.

Après avoir défilé au centre ville en milieu de matinée, les participants se sont retrouvés sur la Bürkliplatz au bord du lac. Là, des chanteurs de l'Opéra de Zurich ont entonné le célèbre choeur des Hébreux prisonniers, extrait de «Nabucco» de Verdi.

Le 1er mai est traditionnellement ponctué de violences dans la cité de la Limmat. Le canton et la ville se sont félicités en début de soirée de l'efficacité du dispositif sécuritaire mis en place. Seules quelques échauffourées mineures sont à signaler avec une cinquantaine d'interpellations à la clé. Un policier a été blessé par une pierre à la tête.

Néolibéralisme sournois

La Suisse subit «une évolution similaire à celle qu'a connue l'Angleterre sous Margaret Thatcher, mais plus silencieuse, plus sournoise», a déclaré le président du Parti socialiste (PS) Christian Levrat à Yverdon-les-Bains (VD).

Les actionnaires et managers ont vu leurs revenus progresser «de 20% en dix ans» alors que les salaires des travailleurs ordinaires ont stagné, a poursuivi le nouveau conseiller aux Etats. C'est le symptôme le plus évident de l'échec de la politique du laissez-aller qui a caractérisé le passage de Doris Leuthard, puis de Johann Schneider-Ammann au Département de l'économie, selon lui.

A Lucerne, l'économiste en chef de l'Union syndicale suisse Daniel Lampart a dénoncé les réductions d'impôts accordées aux riches. Le système fiscal fait des cadeaux aux nantis et se rattrape sur les citoyens normaux, a-t-il fait remarquer. Le monde politique suisse est au service de la classe supérieure, a-t-il déploré.

A Coire, le co-président d'Unia Renzo Ambrosetti a exigé des salaires plus élevés, de meilleures rentes et la protection des emplois en intervenant sur le cours du franc face à l'euro. Il s'est également exprimé à Lugano, critiquant les «spéculateurs aventureux qui ont provoqué la crise».

(ats/afp)