Risque d'effondrement à Genève

12 octobre 2019 15:54; Act: 12.10.2019 15:54 Print

Le personnel du McDo de la Servette abdique

Les employés ont songé un temps à mener une lutte syndicale pour préserver leurs conditions de travail. Ils ont fini par renoncer.

storybild

Le McDonald's de la Servette, où travaillaient 43 employés, a fermé ses portes le 2 octobre en fin de journée. (Photo: 20 Minutes / jef)

Sur ce sujet
Une faute?

«Soit on se fait manger par le McDonald's, soit on se fait bouffer par le chômage», résume, résigné, un employé du fast-food fermé en catastrophe le 2 octobre au soir. Le fait qu'il soit situé dans l'immeuble de la rue de la Servette qui menace de s'effondrer a précipité ses salariés dans une situation impossible. McDonald's Suisse a en effet promis de les réengager dans l'un de ses onze autres restaurants genevois «avec les mêmes conditions de travail» que celles dont ils jouissaient jusqu'alors.

«Oui, ils nous reprennent tous, confirme ce collaborateur. Mais avec une période d'essai, sans reprise de l'ancienneté, avec des statuts différents pour certains, et surtout sans garantie d'obtenir le même temps de travail qu'en moyenne sur les trois derniers mois.» La majorité des employés de la Servette avaient en effet des contrats à durée indéterminée mais à horaire variable, leur offrant entre 0 et 17 heures par semaine, selon les besoins du restaurant.

Les collaborateurs signeront cependant les nouveaux contrats. Certains ont songé un temps à mettre les pieds au mur, mais ils étaient trop peu nombreux à vouloir se syndiquer. Et refuser ces emplois, c'était s'exposer à des sanctions du chômage. «On était pris entre le marteau et l'enclume. C'est trop dur de se battre contre McDo. Et le monde est tellement petit», observe un employé, désireux de ne pas oblitérer la suite de sa carrière.

(jef)