Politique (GE)

12 mai 2011 18:30; Act: 12.05.2011 18:56 Print

Le président du législatif tacle Isabel Rochat

Dans un rapport de la commission des finances, le président du Grand Conseil, le libéral Renaud Gautier, juge les explications de «sa» ministre de la sécurité «inacceptables».

Une faute?

Président du Grand Conseil genevois, Renaud Gautier serait-il politiquement incorrect? Le 3 mai dernier, la commission des finances, dont il fait partie, auditionnait des responsables du Département de la sécurité, de la police et de l’environnement (DSPE). Les députés étaient notamment chargés d’étudier la gestion de la comptabilité du dicastère d’Isabel Rochat dans divers domaines comme les heures supplémentaires, les téléphones satellitaires ou encore des abonnements à des revues militaires.

Trois jours plus tard, la conseillère d’Etat libérale elle-même répondait aux élus. «Face aux légitimes questions des députés, le département se comporte à la limite de ce qui est objectivement acceptable, tempête Renaud Gautier dans son rapport de commission. Il n’est soit pas répondu aux questions posées, soit les réponses ne sont juste pas acceptables. Que ce soit sur le fond ou sur la forme».

Le premier citoyen du canton, par ailleurs gérant de biens dans le civil, ajoute que «tout cela donne l’impression d’une césure de plus en plus importante entre l’administration et le politique». Encore plus tranchant, le libéral ajoute: «Dans le monde réel, personne n’accepterait ni ces comptes, ni la manière dont il a été répondu aux questions des députés».

Avec beaucoup d’humour, le député qualifie également la conseillère d’Etat de «grande prêtresse». Dans ce très officiel rapport, il n’hésite pas non plus à dire que certains documents présentés pourraient «plonger l’ensemble de la députation dans les lumières du savoir, alors que les vilains se vautrent avec délectation dans l’obscurantisme le plus abject».

Contactés, ses collègues de la commission des finances se sont dits très étonnés par ce texte. Certains l’ont toutefois approuvé sur le fond, beaucoup moins sur le style. Un autre a réagi en disant que ce texte était drôle et qu’il trouverait aisément sa place dans une revue.

Directement visée et critiquée, Isabel Rochat n’était pas joignable jeudi. De son côté, Renaud Gautier n'a pas voulu commenter son rapport. «Je déplore toutefois qu'il soit arrivé en mains publiques», a-t-il simplement précisé.

(dti)