Genève

30 janvier 2017 14:13; Act: 30.01.2017 14:48 Print

Le revers de la médaille pour Guy Mettan

Le député PDC genevois doit recevoir une décoration décernée par Vladimir Poutine. Or, il doit d'abord obtenir l'aval du Grand Conseil.

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Guy Mettan, député PDC au Grand Conseil et directeur du Club suisse de la presse. (Photo: Keystone/Salvatore di Nolfi)

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Dilemme pour Guy Mettan. Doit-il démissionner du Grand Conseil ou refuser la médaille dont la Russie veut le parer? L'élu PDC et directeur du Club suisse de la presse doit être décoré le 8 février prochain de l'Ordre de l'amitié à la Mission russe de Genève, rapporte la «Tribune de Genève». Une distinction qui lui a été attribuée par un décret du président russe Vladimir Poutine. Mais le hic est que le député genevois aurait dû demander le feu vert du Grand Conseil pour accepter la breloque.

En effet, la loi sur le Parlement stipule qu'un de ses membres ne peut recevoir un titre, une décoration ou de l'argent d'un pays étranger sans autorisation spéciale du Grand Conseil. Ce que Guy Mettan n'a pas fait jusqu'ici, selon la RTS. Ce serait le président du Parlement Jean-Marc Guinchard lui-même qui aurait contacté le député pour lui rappeler la teneur de la loi.

Feu vert difficile

Cependant, même si Guy Mettan dépose une demande d'autorisation dès lundi comme il s'est engagé à le faire, il sera difficile au Grand Conseil de lui donner son aval, étant donné qu'il ne siégera en plénum que le 23 février. Par ailleurs, plusieurs parlementaires s'émeuvent de cette distinction dans le contexte actuel, comme Pierre Vanek d'Ensemble à gauche, qui pointe un régime «peu recommandable» quant aux droits démocratiques.

Interrogé par la «Tribune de Genève», le principal intéressé rappelle qu'il a reçu au Club suisse de la presse de nombreux opposants à la politique de Vladimir Poutine. «Je reçois cette distinction pour mes vingt ans d’activité en faveur du rapprochement suisso-russe, notamment sur le plan économique», souligne Guy Mettan. «Cette décoration ne devrait pas soulever plus de discussions que la Légion d’honneur, attribuée par un pays qui ne se prive pas d’actions militaires», juge-t-il.

(leo)