Genève

30 août 2018 13:57; Act: 31.08.2018 07:37 Print

Le secret médical en prison est renforcé

Les Genevois n'auront pas à se prononcer sur une initiative visant le secret médical en milieu carcéral.

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L'AMG a annoncé qu'elle retirerait son initiative si le contre-projet était accepté tel quel. (Photo: Keystone)

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A Genève, le secret médical en milieu carcéral est amélioré. Le Grand Conseil a accepté jeudi un contre-projet à une initiative des médecins qui visait précisément à protéger ce secret médical. Ce compromis permet de retirer l'initiative.

Intitulée «Garantir le secret médical pour tous protège mieux la société», l'initiative avait été lancée par l'Association des médecins du canton de Genève (AMG). Elle s'était mobilisée après le vote d'une loi en février 2016 qui obligeait les médecins à transmettre sur demande des autorités des informations sur la dangerosité de leurs patients.

Cette loi, acceptée de justesse, avait été élaborée dans la foulée des affaires Adeline et Marie. Le contre-projet à l'initiative, adopté jeudi par 71 voix contre 16 (UDC et MCG), transforme le devoir d'information en un droit d'information des intervenants thérapeutiques.

Le Conseil d'Etat s'est fermement opposé à cette modification. Selon Pierre Maudet, «en cas de doute, ce dernier doit profiter à la société et pas au condamné». Mais son amendement a été rejeté. Sur les autres points du contre-projet, dont la distinction entre médecins et experts, le Conseil d'Etat a salué des améliorations.

Pas de scrutin

Pour le PDC Bertrand Buchs, le contre-projet apporte «une meilleure clarté du positionnement du médecin». La gauche a souligné l'importance du secret médical, en particulier en prison, afin d'établir un lien de confiance indispensable à une thérapie. A droite, l'UDC a exprimé ses craintes pour la sécurité. «On a perdu le fil rouge», a relevé Patrick Lussi qui a rappelé qu'on visait une catégorie de détenus particulièrement dangereux. Le MCG a mis en évidence l'intérêt général qui doit primer.

L'AMG a annoncé qu'elle retirerait son initiative si le contre-projet était accepté tel quel. Les Genevois n'auront donc pas à se prononcer sur un sujet particulièrement sensible.

(nxp/ats)