Genève

15 avril 2019 14:21; Act: 15.04.2019 17:22 Print

Le shopping franco-suisse des ménages décrypté

par Lucie Fehlbaum/ATS - Les pratiques des habitants du Grand Genève ont fait l'objet d'une étude. La région souhaite un développement économique cohérent.

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Pierre Maudet, à gauche, en charge du développement économique, Antonio Hodgers, président du Conseil d'Etat et ministre du territoire, et Pierre-Jean Crastes, vice-président du Pôle métropolitain du Genevois français. (Photo: Keystone/Salvatore di Nolfi)

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«Qui consomme quoi, où, comment et pour combien ?» Les instances politiques du Grand Genève ont voulu répondre à ces questions en commandant une vaste étude sur le sujet, dévoilée lundi. L'Etat de Genève et le Pôle métropolitain du Genevois français dressent ainsi le tableau de la consommation sur leur territoire et par leurs habitants dans le but, notamment, d'éviter une «concurrence stérile». «La bonne activité commerciale doit s'installer au bon endroit», a ponctué le conseiller d'Etat responsable du territoire, Antonio Hodgers.

Cette coordination n'est pas toujours évidente au sein d'une région qui compte un million d'habitants et court de la Haute-Savoie (F) à Nyon (VD) en passant par Genève et l'Ain (F). «Nous évoluons dans un modèle de centre-périphérie classique pour une métropole. Mais chez nous, deux modèles commerciaux se côtoient: le français et le suisse», a souligné Pierre-Jean Crastes, vice-président du Pôle métropolitain du Genevois français.

Petite course ou gros plein

C'est surtout le cas pour l'alimentaire. Les Suisses privilégient les petites courses, faites dans des magasins locaux, situés à 500 mètres de chez eux en moyenne. Les Français pratiquent plus facilement le gros plein d'achats du samedi, en voiture. Or, selon le ministre du Territoire, «nous voulons réduire la part de la voiture». Si l'étude ne propose pas de solution, l'idée de magasins dans les gares du Léman Express a été esquissée pour palier cette différence.

Offres spécifiques

L'alimentaire concerne 51% des 7'633 millions de francs dépensés au total dans le Grand Genève par les habitants. Les Suisses qui font leurs commissions en France s'y procurent d'ailleurs principalement de la nourriture, pour 416 millions de francs par an. Des achats motivés avant tout par les prix plus avantageux. L’étude relève notamment que le volume d’achats effectués en France par des résidents suisses est moins élevé qu’imaginé par beaucoup. Sur une somme de 100 euros disponible pour sa consommation courante, un ménage qui habite en Suisse en dépensera 9 dans les magasins français. Dans le sens inverse, un résident de France voisine dépensera 5 euros sur 100 en Suisse.