Justice genevoise

06 décembre 2011 10:15; Act: 06.12.2011 18:08 Print

Le tireur est une personne immature

L'homme de 30 ans qui avait blessé grièvement une jeune fille à la tête en octobre 2010 à Lancy (GE) souffre d'un trouble de la personnalité. Il est immature et anxieux.

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Selon l'expert-psychiatre, l'accusé est de façon chronique «mal dans sa peau». Ses liens affectifs sont faibles. Il n'a pas de compagne et n'a jamais fondé de foyer. Le jour du drame, sa tentative d'aborder des jeunes filles âgées d'une quinzaine d'années peut-être considérée comme «une marque de son immaturité», a relevé M.Niveau.


Il était en contrôle

Ces difficultés relationnelles n'atténuent cependant en rien sa responsabilité. En tirant un coup de feu en direction d'un groupe d'adolescents qui s'enfuyaient, le prévenu savait, selon le docteur, qu'il bravait un interdit. Ses problèmes de personnalité n'ont pas non plus entraîné une perte de contrôle.

L'accusé, qui est jugé pour tentative d'assassinat, n'a d'ailleurs pas eu un comportement désorganisé lors des faits, a poursuivi l'expert. Ce dernier a considéré le risque de récidive comme faible à moyen, à condition que le prévenu soigne sérieusement ses addictions à l'alcool et aux médicaments.

Au moment de son audition par la police, le prévenu avait 1,3 pour mille d'alcool dans le sang, a indiqué devant le tribunal un inspecteur qui a participé à l'interrogatoire. «Mais les explications qu'il nous a fournies étaient claires et cohérentes», a- t-il ajouté.


Il voulait se faire un jeune

L'accusé a déclaré, lors de son audition, «qu'il voulait se faire quelqu'un et qu'il aurait tiré même si les jeunes étaient restés assis», a relevé l'inspecteur. Selon lui, sa colère était surtout dirigée contre deux garçons du groupe d'adolescents avec qui il avait eu une altercation dans le préau d'une école.

Le prévenu, qui est allé chercher son pistolet chez lui en prenant soin de mettre dix balles dans le magasin, a fait feu une fois en direction des jeunes qui s'enfuyaient. Le projectile a d'abord blessé un garçon à la joue avant de se loger dans la tête de Marina, qui aujourd'hui, à 16 ans, a la moitié du visage paralysé.

(ats)