Genève

17 février 2020 20:28; Act: 17.02.2020 20:28 Print

Le triste périple de deux voyous finit dans le sang

par Jérôme Faas - Deux Maghrébins englués dans la drogue et la violence sont jugés depuis lundi, notamment pour tentative d’assassinat.

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La principale victime, poignardée à neuf reprises, a passé dix heures entre la vie et la mort. (Photo: iStock)

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L’errance de deux Marocains à travers l’Europe et les drogues s’est achevée dans l’ultraviolence fin 2017, après une série de vols et de brigandages (lire l’encadré). Le 11 décembre à 3h du matin, A. et M. ont sauvagement agressé un homme à la Servette après l’avoir détroussé. Lardé de coups de couteau (trois aux jambes, six à l’abdomen et au thorax), il a frôlé la mort et n’a dû son salut qu’à la présence fortuite de pompiers dans la zone. Lundi, le Tribunal criminel, saisi quand les peines requises excèdent 10 ans, jugeait les bourreaux présumés pour tentative d’assassinat.

A. est né en 1999. Il a quitté le Maroc à 11 ans, seul, sans avoir été scolarisé. «Mon père est malade, mes frères et sœurs crèvent de faim. On n’avait pas d’école, on n’apprenait rien, on ne faisait rien, nos parents ne travaillaient pas. Je vendais des fleurs et des mouchoirs. Je n’avais rien.» L’Europe l’attire. «Je voyais des gens revenir avec de l’argent, des voitures. Dans mon pays, nous partons très jeunes, vers 11-12 ans.» Ce sera l’Espagne, puis Paris, l’Allemagne, la Suède, le Luxembourg. Il vole pour vivre, se drogue pour tenir. M. est né en 1987, l’histoire est similaire. Départ du pays à 14 ans, seul, six mois de rue en Espagne, puis l’Italie et la Suisse depuis 2006, avec déjà dix condamnations - stupéfiants et brigandages. «Depuis le Maroc, j’ai toujours connu la drogue.»

A. et M. se chargent mutuellement. Les vols sont admis, mais les violences et la quasi-mise à mort, c’est l’autre. Le procès se poursuit.