Genève

15 janvier 2019 19:30; Act: 16.01.2019 10:38 Print

Les Eglises s'unissent pour soutenir la laïcité

par Lucie Fehlbaum - Trois cultes du Canton appuient la Loi sur la laïcité de l'Etat, votée le 10 février. Ils déplorent certains points.

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Les Eglises catholiques chrétienne, romaine et protestante soutiennent la Loi sur la laïcité. (Photo: DR)

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Les Eglises catholiques chrétienne, catholique romaine et protestante de Genève ont tenu une conférence de presse commune mardi après-midi. Le fait est rare, mais elles tenaient à s'exprimer d'une seule voix pour soutenir la Loi sur la laïcité de l'Etat (LLE). «Nous sommes en faveur du oui, bien que plusieurs de nos demandes n’aient pas été prises en compte par le législateur», regrette l'abbé Pascal Desthieux. Si le débat au Grand Conseil «n'a pas toujours été à la hauteur du sujet, le résultat apparaît comme honorable».

Points positifs

Les Eglises saluent particulièrement trois points de la LLE qu'elles considèrent comme des avancées significatives. La reconnaissance du rôle social des aumôneries (et l'établissement de possibles contrats de prestations), l'enseignement du fait religieux dans les écoles publiques (dans un but culturel) et l'élargissement à d'autres communautés de la contribution religieuse volontaire font parties des articles salués par les trois cultes.

Ils regrettent des «champs de tension», notamment la question des signes extérieurs religieux, surtout lorsqu'elle concerne les élus. «Nous suivrons avec intérêt le recours constitutionnel déposé contre cette disposition précise. Elle a été votée de manière ciblée contre la communauté musulmane, alors que d'autres situations sont concernées et que ces procédés parlementaires ne favorisent en rien la paix religieuse», estiment les Eglises.

L'islam doit «faire le pas»

«Les libertés individuelles, la protection du travail et des travailleurs ou des femmes: nous partageons ces valeurs, affirme le pasteur Blaise Menu. Mais au-delà du phénomène religieux, il faut penser au concept d'institution. Nous avons appris à renoncer aux traits caractéristiques qui contrarient la paix sociale.» Et de conclure: «nous ne sommes pas dans un rapport paternaliste, mais nous avons 25 ans d'expérience dans le dialogue inter-religions. Nous acceptons cette loi et espérons que l'islam fasse le pas.»

Objet jugé discriminant

Pour mémoire, le peuple se prononcera le 10 février sur trois objets cantonaux dont celui de la laïcité de l'Etat. Il provoque un vif débat cristallisé notamment autour du port de signes religieux extérieurs par les élus et les fonctionnaires de l'état, dont l'interdiction est jugée discriminante envers les musulmans par les opposants.

(lfe)