Nouvelle loi genevoise sur le chômage

16 décembre 2008 17:02; Act: 16.12.2008 17:04 Print

Les autorités tirent un premier bilan positif

D'après un premier bilan, la nouvelle loi genevoise sur le chômage a contribué à la diminution du nombre de sans-emploi dans le canton.

Une faute?

Le nombre de chômeurs de longue durée a notamment baissé d'un quart, passant de 4000 à 3000 entre novembre 2007 et novembre 2008.

Conseiller d'Etat en charge de l'emploi, François Longchamp s'est félicité mardi devant les médias des premiers résultats de la révision entrée en vigueur en février. Au cours des douze derniers mois, le nombre global de chômeurs a reculé de 5,3% à Genève, alors qu'il a augmenté en moyenne de 2,7% dans le reste du pays.

La haute conjoncture dont a bénéficié le canton jusqu'ici a joué un rôle, admet François Longchamp. Mais pour le magistrat, il ne fait aucun doute que les mesures introduites ont apporté leur pierre, grâce à un traitement accéléré des dossiers, à un suivi plus serré et à des allocations de retour en emploi (ARE) plus attrayantes.

Allocations prisées

Principale cible de la nouvelle loi, approuvée par deux tiers des Genevois il y a une année, le chômage de longue durée a connu le recul le plus marqué (- 27%). La durée moyenne de la période sans travail se monte aujourd'hui à 271 jours, contre 318 il y a un an.

Destinés aux chômeurs en fin de droit, les ARE ne sont pas étrangers à ce résultat. Devenu plus généreux, ce dispositif, qui peut aller jusqu'à couvrir 50% du salaire pendant deux ans, est de plus en plus prisé par les employeurs. En 2007, une trentaine de contrats de ce type étaient signés chaque mois. Depuis février 2008, il s'en conclut une cinquantaine par mois.

Le nouvel arsenal a entraîné la fin des emplois temporaires cantonaux (ETC), décriés par Berne, qui donnaient droit à un nouveau délai cadre. Les personnes au chômage depuis plus de six mois se voient désormais proposer un emploi-formation de six mois.

Réserve d'emplois solidaires

Les chômeurs les plus difficiles à replacer peuvent quant à eux bénéficier des emplois dits de solidarité introduits par la nouvelle loi. Il s'agit de postes subventionnés par l'Etat dans des associations sans but lucratif. Fin novembre, 120 personnes occupaient un tel emploi. La demande est inférieure aux prévisions. Des dizaines de postes potentiels restent en réserve.

Le conseiller d'Etat observe que les chiffres donnent tort aux détracteurs de la nouvelle loi, qui craignaient un report des chômeurs en fin de droit vers l'assistance publique avec la disparition des ETC. «Il n'y a pas de transfert vers l'aide sociale», a relevé le radical.

Malgré ces résultats, avec son taux de chômage de 5,7% en novembre contre 2,7% en moyenne nationale, Genève reste de loin lanterne rouge en la matière. «Un travail important reste à accomplir.» L'objectif consiste à réduire l'écart qui sépare Genève, canton-ville, avec d'autres centres urbains comme Bâle ou Zurich.

(ats)