Canton de Genève

06 juillet 2016 19:08; Act: 07.07.2016 07:19 Print

Les communes sommées de collaborer

Le canton de Genève attend des communes qu'elles collaborent pour héberger les requérants d'asile.

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(Photo: Keystone)

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Le canton rappelle qu'il devra accueillir 5,9% des demandeurs d'asile attendus en Suisse en 2016. Neuf des communes genevoises ont été sollicitées pour l'ouverture de leur abri PC, mais six s'y sont opposées.

Mercredi, dans un communiqué, le Département de l'emploi, des affaires sociales et de la santé (DEAS) a rappelé que la politique d'asile relève de la Confédération. Or «tous les cantons ont l'obligation d'offrir l'hébergement et de mettre en place les modalités d'intégration pour prendre en charge les personnes ayant reçu le statut de réfugiés ou dont la procédure est en cours d'examen».

Cette année, Genève devrait accueillir 1300 demandeurs d'asile supplémentaires, comme en 2015, a précisé le conseiller d'Etat Mauro Poggia, en charge du DEAS. Selon lui, 700 nouvelles places devraient être disponibles dans des abris PC et des constructions d'ici à l'automne.

L'Hospice général indique qu'il ne reste que 150 places libres en abri PC, alors que plus de 6600 personnes figurent dans le dispositif de l'Aide aux migrants. Or il est attendu que la majorité des migrants arrive à partir de l'été; c'était le cas de plus de 80% d'entre eux en 2015.

«Manque de courage politique»

A la mi-juin, le gouvernement adoptait un règlement lui permettant d'obliger les communes, en cas de situation d'urgence en matière d'asile, de mettre temporairement à disposition leur ouvrage de protection civile. Six des neuf communes sollicitées pour l'ouverture d'abris PC y sont opposées, a relevé M. Poggia.

«Les autorités municipales manquent de courage politique, déplore-t-il. Elles préfèrent adopter une position d'opposition tout en laissant l'Etat prendre les décisions qui fâchent». Et de rappeler que dans d'autres cantons, l'asile relève des communes. Certaines paient pour ne pas accueillir de requérants. Le conseiller d'Etat en appelle donc à la «concertation et à la compréhension».

Selon l'Hospice général, trois abris - à Chêne-Bougeries, Meyrin et Onex - sont prêts pour une ouverture en juillet. Pour ce qui est des autres abris, l'institution espère convaincre les autorités et la population des communes de coopérer afin d'accueillir au mieux les migrants, et ce avant l'envoi des arrêtés de réquisition.

Solution alternative

Une rénovation du foyer Frank-Thomas permettrait de conserver 135 places, pour un montant bien moins élevé qu'un hébergement en abri PC, a salué Mauro Poggia. Lors d'un dialogue «franc et constructif», le magistrat a rencontré mercredi la coordination asile, opposée à la destruction immédiate du foyer.

Alors que la Ville de Genève et le comité du pilotage du CEVA avaient exigé la mise à disposition du site à la fin de l'année, il semblerait qu'une solution alternative se dessine. Le conseiller d'Etat doit encore savoir comment elle pourra être mise en place. Il doit aussi obtenir une confirmation écrite que l'Hospice général pourra bien utiliser le site ces deux à trois prochaines années.

(nxp/ats)