Genève

25 septembre 2018 15:22; Act: 26.09.2018 11:41 Print

Les cyclistes exigent plus de sécurité sur les routes

par Maria Pineiro - Portés par la large acceptation de l'inscription du vélo dans la constitution, les milieux de défense de la petite reine montent au front.

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Les milieux cyclistes veulent un plan d'urgence. (Photo: Keystone/Salvatore di Nolfi)

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Les promoteurs genevois de la bicyclette se sentent pousser des ailes. Et pour cause, entre l'inscription du vélo dans la constitution helvétique, largement votée dimanche, et la stratégie des transports, annoncée lundi, qui fait une large place à la mobilité douce, ils ont de quoi sourire.

Mardi matin, Pro vélo Genève et l'Association transports et environnement (ATE) ont ainsi présenté un plan d'urgence à destination des autorités. «Il faut profiter de cet élan pour aller dans le concret», a justifié Alfonso Gomez, président de Pro Vélo.

Série de mesures exigées

Les deux groupements veulent des mesures rapides afin de sécuriser le réseau cyclable cantonal. «Une nécessité absolue, a affirmé Alice Genoud, coordinatrice de l'ATE. C'est le critère qui incite les gens à adopter le vélo ou pas.» Parmi les aménagements exigés, le passage de certaines bandes cyclables entre le trottoir et les voitures garées, afin d'éviter les parkings sauvages et les ouvertures de portières intempestives. Une séparation physique par des seuils type trottoirs plutôt que de simples surélévations facilement franchissables est aussi préconisée.

Les associations estiment également qu'il faut revoir certains arrêts de bus, en faisant s'arrêter les véhicules sur la chaussée afin de permettre le passage des vélos entre le trottoir et l'arrêt, plutôt que sur la route. Pro vélo et l'ATE demandent encore un test du tourner à droite au feu rouge pour les cycles à six intersections dans le Canton.

Séparer les flux

Pour Olivier Gurtner, vice-président de Pro Vélo, la petite reine «ne doit doit plus être la cinquième roue du carrosse» quand il s'agit d'aménager de nouvelles infrastructures ou d'installer des déviations de chantier. Le principe d'aménagement défendu par ces associations est celui d'une stricte séparation entre les piétons et les vélos dans la mesure du possible. La construction de grandes pénétrantes cyclables, aussi nommées autoroutes pour cyclistes, est également plébiscitée par Pro Vélo et l'ATE.

Enfin, forts du sentiment que la traversée autoroutière du lac est une utopie, ils demandent à ce que le personnel cantonal travaillant sur ce projet soit réaffecté à des projets de mobilité douce.

Respect de la volonté populaire

Outre les votations de dimanche dernier et la volonté affichée de Serge Dal Busco de privilégier la mobilité douce au centre-ville, les milieux de défense de la petite reine rappellent que l'initiative 144 pour la mobilité douce qui prévoyait des pistes cyclables continues et sécurisées pour tout le réseau routier primaire et secondaire doit être mise en application d'ici 2019.

Caroline Marti, vice-présidente de l'ATE a indiqué qu'un «projet de loi 11114 demandant un crédit de 20 millions est encore pendant devant la commission des finances du Grand Conseil». D'après elle, l'étude de ce crédit doit se faire au plus vite afin de gagner en cohérence.

Par ailleurs, Pro Vélo et l'ATE saluent l'arrivée de Serge Dal Busco à la tête des transports. «Il y a clairement un changement de paradigme», a analysé Alfonso Gomez.