Saisie d'armes à Genève

03 février 2011 09:00; Act: 03.02.2011 14:14 Print

Les gardes-frontière exhibent leur butin

Fin janvier, six Lyonnais ont été interpellés à la gare Cornavin, à Genève. Ces personnes transportaient 45 armes interdites, comme des tasers déguisés en natels.

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Les gardes-frontière suisses ont interpellé lundi à la gare de Genève Cornavin six Lyonnais qui tentaient de faire passer en France 45 armes interdites. Ils seront amendés. Dans le lot se trouvaient 10 tasers camouflés en lampes de poche et 32 autres en téléphones portables.

Un briquet dissimulant une lame, un couteau à ouverture automatique et une matraque figuraient parmi les autres armes saisies, a expliqué l'adjudant EM Michel Bachar jeudi devant la presse. Les six jeunes âgés de 20 à 25 ans transportaient également des cagoules, des masques de Ben Laden ou de Scream, des menottes, des appareils lasers et des contrefaçons de montres de marque.

Tous issus de la banlieue lyonnaise, ces individus ont acheté ce matériel en Thaïlande, où il est en vente libre, a relevé Michel Bachar. Elles se sont rendues dans ce pays en prenant le train de Lyon à Genève, puis par un vol via Zurich. Elles y sont restées près d'un mois, avant d'emprunter le même itinéraire au retour.

Contrôles ciblés

D'un coût estimé à environ 2000 euros, les marchandises se trouvaient dans les bagages de soute. Les jeunes ont subi un contrôle douanier ciblé à la gare Cornavin alors qu'ils se trouvaient tous ensemble. Ils avaient auparavant passé la douane de l'aéroport séparément.

Trois membres du groupe sont connus des services de la police française. Ils se sont refusés à tout commentaire sur le but de leurs achats, a déclaré Eric Grandjean, porte-parole de la police cantonale.

«Cet arsenal n'était sûrement pas destiné à un feu d'artifice. On peut supposer que les passeurs allaient remettre le matériel à une bande ou avaient l'intention de l'utiliser eux-mêmes», a relevé M. Bachar.

Des amendes

La police a procédé à des vérifications et contrôles ADN, suite notamment aux dernières agressions réalisées par des bandes lyonnaises. «Tout était négatif. Ces personnes ont donc été relâchées», a expliqué Eric Grandjean.

«Comme ils quittaient le territoire suisse, ces jeunes ne pouvaient être accusées d'utiliser ce matériel pour y commettre un délit», a-t-il ajouté. Des contraventions douanières seront en revanche prononcées contre eux pour plusieurs infractions, dont l'importation d'armes interdites et de contrefaçons.

«Nous leur coupons un peu les ailes, car ils sont désormais connus des services de police suisses s'ils reviennent pour commettre des actes délictueux», a relevé le porte-parole. Et la France a bien entendu été mise au courant.

Phénomène encore marginal

L'adjudant Michel Bachar a pour sa part encore souligné le caractère non traditionnel et vicieux de ce business. «Un électrochoc dans un faux portable, cela peut handicaper, voire tuer. Au moins, ces armes sont sorties du circuit. Ce qui est grave c'est l'accès facile à ce matériel», a-t-il relevé.

Depuis deux ans, la police a constaté de temps en temps une agression au taser dans des cas de car-jacking. Le phénomène est encore marginal, mais c'est quelque chose qui vient, a relevé Eric Grandjean.

Les objets saisis seront transmis au Bureau des armes. Ils seront sous séquestre jusqu'à la fin de la procédure, puis détruits, a-t-il précisé.

(dti/sha)