Genève

02 décembre 2019 22:51; Act: 03.12.2019 07:02 Print

Les héritiers de la bière en quête du trésor escamoté

par Jérôme Faas - Des millions sont en jeu au tribunal. Des fils de bonne famille attaquent leur ex-avocate d’affaires pour un paquet d’actions.

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AB InBev a fait 54,6 milliards de dollars de chiffre d'affaires en 2018. (Photo: iStock)

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Une armée d’avocats remplissait lundi la petite salle G2 du Palais de justice. Un nombre directement proportionnel aux sommes en jeu (des dizaines de millions) et à la fortune bien plus élevée encore des plaignants, les frères Bailo de Spoelberch, héritiers du géant mondial de la bière, le groupe belgo-brésilien AB InBev (Stella, Corona, Budweiser, etc.).

Sur le banc des accusés, une avocate d’affaires belge de 57 ans, sûre d’elle, qui géra durant de longues années les affaires de la famille. Elle est prévenue de blanchiment d’argent et de faux dans les titres. Il lui est reproché d’avoir tiré bénéfice de 815 000 actions au porteur de la société alors nommée Interbrew, qu’elle se serait frauduleusement appropriées quelque part entre décembre 2004 et mars 2005. Elles valaient alors 22,5 millions d’euros. Hier, elles dépassaient 58 millions d’euros.

La prévenue, très calme mais qui peine à répondre simplement aux questions gênantes, conteste avoir volé ces actions. Elle affirme les avoir reçues en rétribution de ses services. L’un de ses avocats, l’ex-bâtonnier Pascal Maurer, souligne qu’elle «a été acquittée au terme d’une procédure complète au Luxembourg (lire l’encadré)». Le procureur Niki Casonato n’en a cure. «Elle a déjà berné la justice luxembourgeoise, il n’est pas question qu’elle berne la justice genevoise. La défense ne cherche qu’à reporter les débats de manière à acquérir la prescription.»