Genève

15 octobre 2018 15:14; Act: 16.10.2018 07:57 Print

Les motards se fédèrent et montent le ton

Après l'arrêt du test d'ouverture des voies de bus aux deux-roues motorisés différentes associations s'unissent pour défendre leurs intérêts.

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Les deux-roues motorisés veulent pouvoir circuler sur les voies de bus. (Photo: Keystone/Salvatore di Nolfi)

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La lune de miel entre les milieux de motards et le nouveau ministre des Transports, Serge Dal Busco a fait long feu. La décision du ministre d'arrêter les tests d'ouverture des voies de bus aux deux-roues motorisés, le 20 septembre dernier, a déçu les défenseurs des deux-roues motorisés.

Neuf associations regroupant quelque 3000 membres motorisés et 35 revendeurs de motos, scooters et vélos annoncent se fédérer «en réaction à la nouvelle politique du gouvernement genevois». Par communiqué, elles se réjouissent des options prises par le Conseil d'Etat en faveur de la mobilité douce. Néanmoins, soulignent-elles «il en est tout autre de la condition des deux-roues motorisés».

Sentiment d'abandon

La fédération dénonce l'attitude de Serge Dal Busco à l'égard des motos et des scooters, notamment dans la gestion des tests sur les voies de bus. Elle accuse le conseiller d'Etat de ne pas les avoir consultées comme il s'y était engagé et remet en cause les conclusions qui ont mené à l'arrêt de la mesure.

Le communiqué se poursuit par le sentiment que les deux-roues motorisés sont devenus la cinquième roue du carrosse pour le patron des transports: «Ils semblent tout simplement à exclure de l'équation de la mobilité.»

Ouvrir toutes les voies de bus

Enfin, les défenseurs des deux-roues estiment que le département se contredit. Pour eux, les rapports sur les tests d'ouverture des voies de bus n'ont démontré aucun problème, «contrairement à ce qui est dit». Les associations rappellent qu'un projet de loi est pendant devant la commissions des transports. Il vise à ouvrir aux motos et aux scooters toutes les voies de bus auxquelles ont accès les taxis. Elles estiment que si les vélos peuvent emprunter les voies de bus, alors il devrait en être de même pour les deux-roues motorisés.

Les milieux de défense attendent de voir comment ce projet de loi évolue avant de décider quelle suite donner à leurs actions.

L'Etat riposte

Le Département a répondu dans l'après-midi n'avoir «strictement aucun a priori à l'égard de tel ou tel moyen de transport, mais la volonté d'appliquer la loi votée par le peuple de manière rigoureuse afin d'apaiser enfin le trafic en ville». Par ailleurs, Roland Godel, son porte-parole a précisé que «la non-reconduction des deux essais de circulation de motos dans les voies de bus se fonde sur des observations objectives». Enfin, il a souligné que le département avait décidé de s'attaquer au manque de stationnement pour les deux-roues. un problème qu'il juge important.


(mpo)