Genève

04 février 2016 18:03; Act: 04.02.2016 18:03 Print

Les papas n'auront pas deux semaines de congé

Le Grand Conseil genevois a refusé jeudi d'accorder un congé payé aux nouveaux pères.

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Le canton de Genève ne veut pas instaurer un congé paternité payé de quatorze jours. La majorité du Grand Conseil a refusé jeudi d'entrer en matière sur un projet de loi des Verts en ce sens. Les Chambres fédérales devraient trancher prochainement sur ce sujet.

Les Verts proposaient un financement paritaire pour cette nouvelle prestation sociale. Leur projet de loi instaurait un congé paternité ainsi qu'un congé parental de 24 semaines à prendre entre la naissance de l'enfant et son entrée à l'école. Ce nouveau dispositif aurait coûté environ 130 millions de francs par année, soit 14 millions pour le congé paternité et 116 pour le congé parental.

Le Grand Conseil a finalement refusé d'entrer en matière par 48 voix contre 41 (la gauche et le PDC). Le PLR, l'UDC et le MCG ont estimé qu'un congé paternité n'était financièrement pas supportable pour les entreprises. Le PLR a également insisté sur la liberté individuelle de fonder une famille. L'Etat n'a pas à s'immiscer dans ce choix, selon le PLR.

Autre argument avancé par la droite: la mise en place d'un congé paternité payé relève des compétences fédérales. En l'état, une loi genevoise serait inapplicable. Les députés ont aussi rappelé que les chambres fédérales doivent se prononcer prochainement sur l'initiative parlementaire du PDC grison Martin Candinas qui propose précisément d'instaurer un congé paternité de deux semaines.

Pionnier

A gauche, les Verts ont défendu un projet bénéfique pour l'ensemble de la société. Les socialistes auraient aimé que Genève devienne précurseur en matière de congé paternité comme le canton l'avait déjà été en 2001 avec l'assurance maternité.

Le conseiller d'Etat en charge de l'emploi, des affaires sociales et de la santé (DEAS) Mauro Poggia a critiqué un projet de loi mal ficelé. «On ne fait pas des lois avec des bonnes intentions», a déclaré chef du DEAS.

(ats)