Genève

09 mai 2012 16:05; Act: 09.05.2012 16:51 Print

Les policiers rejettent le projet de loi

Les syndicats de la police genevoise ont adressé mercredi à Isabel Rochat une lettre dans laquelle ils marquent leur opposition à l'avant-projet de loi sur la police préparé par son département.

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Pour les syndicats, Isabel Rochat doit revoir sa copie. (Photo: Keystone)

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Ils qualifient cet avant-projet de «texte vide, sans consistance, incomplet, démobilisant et sans objectifs». Ils regrettent de n'avoir pas été consultés par Mme Rochat et lui proposent un projet de loi rédigé par leurs soins comme alternative.

Pour les syndicats de la police, à savoir l'Union du personnel du corps de police (UPCP), le Syndicat de la police judiciaire (SPJ) et le Syndicat de la police de la sécurité internationale (SPSI), il est logique d'associer les policiers à l'élaboration d'un projet de loi les concernant.

Pas des fonctionnaires comme les autres

Les syndicats policiers regrettent que dans le projet proposé par Mme Rochat ne figure aucune disposition «qui fixerait des objectifs en termes d'effectifs et de moyens pour que la criminalité baisse». Ils déplorent aussi que le statut du policier soit ramené à celui d'un simple fonctionnaire, alors que le métier est particulier et comprend risques et contraintes.

«Un Etat ne peut pas traiter les fonctionnaires de sa police comme ceux de ses musées», relèvent les syndicats. Ils demandent à ce que la nouvelle loi sur la police, qui doit remplacer un texte datant de plus de 50 ans, reprenne le statut des policiers tel que réglementé aujourd'hui.

Pour les syndicats, raboter sur le statut ne fera qu'accroître les difficultés de recrutement de nouvelles recrues. La lettre envoyée à Mme Rochat est présentée par ses auteurs comme une invitation «à changer de cap». L'UPCP, le SPJ et le SPSI pourraient se montrer moins conciliants à l'avenir si la magistrate la déclinait.

«Nous souhaitons que Mme Rochat dépose un projet de loi consensuel, basé sur notre projet de loi, qui a été fait dans la continuité de la réforme de la police. Nous lui ouvrons la porte, avec un avertissement. Si elle ne nous tend pas suffisamment la main, ce projet pourrait aller plus loin en étant repris par des partis politiques ou lancé en votation populaire», dit le président de l'UPCP, Christian Antonietti.

Tout sera négociable

Le département de la sécurité, de la police et de l'environnement (DSPE) de Mme Rochat, se montre serein. «Nous sommes au tout début du processus», déclare le porte-parole de la magistrate libérale, Laurent Paoliello. «Nous avons ouvert une consultation sur un avant-avant-projet».

Tout peut encore être modifié. Le DSPE a voulu prendre la température auprès des parties concernées avant d'aller devant le Conseil d'Etat. Le procureur, les partis, ainsi que les syndicats de la police ont répondu chacun à leur manière, note M. Paoliello, relevant le caractère «extrêmement démocratique» de la démarche.

Note aux rédactions: Dépêche complétée avec les déclarations du président de l'UPCP Christian Antonietti

(ats)