Genève

31 juillet 2014 13:12; Act: 31.07.2014 17:16 Print

Les policiers stoppent la grève de l'uniforme

Les agents sont rassurés: le Conseil d'Etat a garanti aux syndicats que la refonte des salaires de la fonction publique ne serait pas soumise au Grand Conseil avant 2016.

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Le 1er juin, les policiers, en civil, débrayaient pour faire état de leur mécontentement. (Photo: Keystone)

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Les policiers genevois remettent l’uniforme. Ils prendront également part aux festivités liées au bicentenaire de la police genevoise. L’heure n’est plus au boycott. C’est ce qu’ont décidé mercredi soir les agents, réunis sous l’égide du Groupement des associations de police (GAP). La profession était très remontée depuis plusieurs mois. Elle contestait le projet SCORE de nouvelle grille salariale pour les fonctionnaires, et s’inquiétait des conséquences pour ses acquis sociaux de la nouvelle loi sur la police, actuellement en gestation au Parlement.

C’est notamment un courrier adressé mercredi par les conseillers d’Etat Pierre Maudet et Serge Dal Busco aux associations représentatives du personnel de l’Etat qui a infléchi la position des troupes. Les deux ministres y couchent noir sur blanc la volonté du gouvernement de traiter le projet SCORE sans pression de temps, une promesse déjà écrite par le ministre des finances le 20 juin aux syndicats. L’objectif affiché pour l'entrée en vigueur de SCORE est dorénavant fixé à la fin de la législature, soit 2018. Le dépôt du projet de loi, lui, n’interviendra pas avant 2016, après un long processus de concertation avec les organisations syndicales.

La formulation de cette année et demi maintenant prévue pour les négociations a semble-t-il achevé d’adoucir les policiers, auxquels le conseiller d’Etat Pierre Maudet promettait déjà, dans un courrier daté du 1er juillet, «qu’aucun projet de loi (relatif au projet SCORE, ndlr) ne serait déposé sans concertation préalable». Il les y assurait aussi que le projet de nouvelle loi sur la police ne remettait «nullement en cause les acquis sociaux, notamment en ce qui concerne l’assurance maladie».

La trêve des hostilités durant le mois d’août a été votée mercredi par près de 300 membres, a indiqué au site tdg.ch Daniel Weissenberg, qui préside le syndicat de la police judiciaire. Contacté, le conseiller d'Etat Pierre Maudet indique par le biais de son service de presse être «satisfait que les policiers, dans leur majorité, aient compris les messages et la position que tient le Conseil d’Etat, et que celui-ci est à l'écoute de leurs inquiétudes».

Grèves du rasage et des amendes maintenues

Les forces de l'ordre restent cependant méfiantes. C'est la raison pour laquelle elles ne se sont engagées que sur une trêve d'un mois, et n'ont pas levé toutes leurs actions de lutte syndicale. Les policiers continueront notamment à ne pas se raser et à ne pas porter de casquette. Ils maintiennent par ailleurs la grève des amendes d'ordre. «Le Conseil d'Etat a opéré une petite ouverture en repoussant le dépôt du projet de loi en 2016, explique Daniel Weissenberg, nous faisons donc un geste. Mais le conflit syndical n'est pas du tout terminé: nous attendons maintenant que le Gouvernement reçoive une délégation du Groupement des associations de police et négocie, ce à quoi il se refuse depuis huit mois.»

(jef/dtt)