Genève

13 août 2019 21:31; Act: 13.08.2019 22:43 Print

Les raisons qu’a Poggia pour mettre Uber au pas

par Jérôme Faas - Le politicien juge que la société emploie les chauffeurs. Il dit contrôler aussi ses concurrents.

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Uber affirme être être un diffuseur de courses. L'Etat estime qu'il s'agit d'un transporteur. (Photo: Keystone/AP/Julio Cortez)

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Mais pourquoi l’Etat cherche-t-il des poux à Uber et pas à ses concurrents genevois Driven, Kapten ou Lymo? Parce qu’il est persuadé que les chauffeurs, lorsqu’ils roulent pour le géant américain, ne sont pas indépendants mais employés. Si tel était le cas, Uber devrait payer des charges sociales. Or, il s’y refuse. «Si nous ne sommes pas entendus, nous serons malheureusement obligés de cesser nos opérations définitivement à Genève», annonçait fin juillet Steve Salom, boss d’Uber suisse, aux chauffeurs - qui jugent que le conseiller d’Etat Mauro Poggia s’acharne sur Uber à leurs dépens.

«Notre démarche n’est pas dirigée spécifiquement contre Uber», rétorque l’élu MCG. Des contrôles identiques visent les autres acteurs du marché. Ils sont en cours car leur activité est plus récente. «Si nous arrivons aux mêmes conclusions, nous prendrons des décisions semblables.»

Pour l’Etat, un lien de subordination existe entre Uber et ses chauffeurs: le client contracte avec Uber, pas avec le chauffeur; Uber fournit sa clientèle au chauffeur; Uber fixe le prix, le trajet, les conditions d’admission des chauffeurs. A l’inverse, le Canton «semble avoir été d’accord» avec les points avancés par Lymo quand la société a été entendue, dit sa porte-parole Elle Steinbrecher. Elle cite notamment la liberté tarifaire des chauffeurs et l’absence de commission sur les courses. En l’état, Lymo reste traitée comme un diffuseur de courses, exempt de charges sociales, comme Kapten, qui a obtenu début 2019 l’aval de la police du commerce.